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La moitié des moins de trois ans n’ont pas de place d’accueil

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Un peu plus de la moitié (56 %) des 2,4 millions d’enfants de moins de trois ans dispose théoriquement d’une place dans l’un des différents modes de garde dits « formels » (crèche, assistante maternelle, école maternelle et emploi à domicile) selon l’Observatoire national de la petite enfance de la Cnaf (données 2015). Ce chiffre est théorique car pour être gardé toute la journée un enfant peut avoir besoin de deux places (école maternelle+assistante maternelle par exemple) ; la capacité réelle est donc inférieure.

Près de 60 % des enfants de moins de trois ans accueillis dans l’un des modes de garde formels sont pris en charge par une assistante maternelle employée par un particulier, 7 % vont à l’école maternelle, 3 % bénéficient d’une personne employée à domicile et un petit tiers ont une place de crèche. Si l’on considère tous les enfants de 0 à 3 ans, un tiers est gardé par une assistante maternelle, 18 % disposent d’une place en crèche, 4 % sont scolarisés (un peu plus de 10 % des enfants de deux ans) et 2 % sont gardés à domicile par une personne salariée. Au total, pas moins de 44 % des jeunes enfants sont pris en charge par une mode « informel », autrement dit la « débrouille », par les parents (la mère le plus souvent), les grands-parents, la famille ou les amis.

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L’accueil de la petite enfance s’est détérioré entre le milieu des années 1990 et la fin des années 2000. Au cours de cette période, la fécondité a augmenté : 80 000 bébés de plus sont nés en 2006 qu’en 1994. Dans le même temps, le taux de scolarisation à deux ans en maternelle a baissé de 35 % à 12 % entre 2000 et 2011. La Cnaf note une amélioration dans les années récentes. Entre 2008 et 2015, la capacité théorique d’accueil a augmenté de 48,3 à 56,6 places pour 100 enfants. Cette hausse a résulté dans un premier temps de la croissance du nombre de places en crèches et surtout de l’augmentation des places d’assistantes maternelles. Depuis 2011, le taux de scolarisation à deux ans n’évolue guère. Plus récemment, l’amélioration de la capacité d’accueil des jeunes enfants résulte de la diminution de la fécondité enregistrée dans les années récentes : on a compté 50 000 naissances annuelles en moins entre 2010 et 2016.

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En dépit des discours répétés sur le sujet, l’effort en accueils collectifs reste très insuffisant. La progression du nombre de places de crèche demeure très inférieure à celle des besoins. 14 % des parents indiquent faire garder leur enfant en crèche alors que 25 % le souhaiteraient. En dix ans, le taux théorique d’accueil de ce mode de garde est passé de 14 à 18 %, ce qui n’est pas spectaculaire. Et encore, la capacité théorique des crèches, améliorée par le développement d’accueil sur une courte durée, surestime la capacité réelle. Au total, 60 % des parents indiquent faire garder leur enfant par eux-mêmes ou la famille, alors que seuls 36 % souhaitent ce type de mode de garde.

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Des femmes contraintes de ne pas travailler

Faute de solution d’accueil pour les jeunes enfants, une part des femmes persiste à ne pas avoir accès au marché du travail ou doit se contenter d’emplois à temps partiel. Ainsi, seules 43 % des mères de famille de trois enfants ou plus sont actives, contre 82 % des femmes en couple avec un seul enfant (données Insee 2014). Une partie des parents doivent travailler de façon décalée pour assurer une garde à tour de rôle. L’accueil collectif de type crèche étant le moins onéreux (hors famille), le manque de places pénalise surtout les parents les moins fortunés. Enfin, les inégalités territoriales sont considérables. Les départements de l’Ouest et du Centre de la France sont mieux couverts avec des taux supérieurs à 66 %, mais on compte moins d’une place pour trois enfants dans de très nombreux départements du sud, du nord et du nord-est de l’Ile-de-France.

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