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Le chômage marque la jeunesse, mais frappe aussi les plus âgés

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Près d’un jeune actif sur quatre est au chômage. Ce phénomène n’est pas récent : en 1985, le taux de chômage des jeunes atteignait déjà 20 %. Depuis trente ans, le chiffre joue au yoyo, entre 15 % et 22 %. Pour les plus âgés, la montée est plus constante entre le milieu des années 1970 et le milieu des 1990. Chez les 25-49 ans, le taux passe de 2,5 à 9,5 % à son maximum en 1997, et chez les plus de 50 ans, de 2,1 à  6,9 % en 1998.

Cela fait trente ans que le taux de chômage des jeunes se situe à un niveau très élevé. Des générations dont toute la carrière s’est déroulée sur fond de chômage approchent aujourd’hui de l’âge de la retraite. Avec des  conséquences plus importantes pour les moins qualifiés, dont l’insertion dans l’emploi durable est plus longue et dont les carrières sont souvent entrecoupées de périodes de chômage ou de contrats à durée déterminée.

En proportion de la population active, l’écart reste énorme entre les jeunes et les plus âgés : le taux de chômage des moins de 25 ans est 2,5 fois supérieur à celui des adultes, 3,8 fois supérieur à celui des plus de 50 ans. Et encore ces moyennes ne tiennent pas compte du niveau de diplôme ou de la nationalité. Pour autant, on aurait tort de minimiser le chômage des plus âgés. Entre début 2008 et 2014, le nombre de chômeurs de moins de 25 ans a augmenté de 19 % (+99 000), contre 44 % (+514 000) chez les adultes et + 90 % (+255 000) chez les 50-64 ans. Si le niveau est plus faible, la progression est bien plus forte.

L’impact du chômage sur les revenus des plus âgés est plus lent, du fait d’une meilleure indemnisation, mais aussi plus durable : on se serre moins facilement la ceinture quand il faut faire vivre une famille que quand on est seul. Surtout, il est plus difficile de reprendre pied : l’ancienneté moyenne du chômage 1 est de 21,6 mois pour les plus de 50 ans (données 2014), deux fois plus que pour les 15-29 ans (9,6 mois).

La part de jeunes actifs au chômage est grande, mais leur situation reste le plus souvent transitoire. Chez les plus âgés, cette proportion est plus faible, mais ceux qui sont dans ce cas se retrouvent piégés. L’impact du manque d’emplois auprès de catégories d’âges qui en étaient jusqu’à présent relativement épargnées est, sans nul doute, le signe d’un dérèglement en profondeur du marché du travail.

Notes:

  1. Nombre de mois passés au chômage au moment de l’enquête emploi de l’Insee.