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Les jeunes peu diplômés en pleine crise

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Le taux de chômage des jeunes sans diplôme a doublé, de 25 à 49 % entre 2001 et 2013, selon une étude du Céreq auprès des jeunes sortis trois ans auparavant du système éducatif (donc en 1998 et 2010) 1. Chômage, statut d’emploi, salaires : tous les indicateurs sont au rouge pour les moins qualifiés sur le marché du travail, alors que les diplômés de l’enseignement supérieur sont le plus souvent épargnés par la crise.

5 % des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur sortis du système éducatif en 1998 étaient au chômage en 2001, 8 % des détenteurs d’un bac pro et 24 % des non-diplômés. Douze ans plus tard, la crise a fait exploser les chiffres. Ils atteignent respectivement 10, 20 et 49 %. L’ensemble de la jeunesse subit les difficultés d’insertion, mais l’ampleur de celles-ci n’a rien à voir selon la place que l’on occupe dans la hiérarchie des diplômes (lire notre article).

Les inégalités sont tout autant marquées dans l’accès à l’emploi durable. La part de jeunes sortis de l’enseignement supérieur employés en contrat à durée indéterminée n’a quasiment pas bougé : toujours un peu plus des trois quarts avaient un CDI trois ans après leur sortie de l’école, en 2001 comme en 2013. En revanche, le taux est passé de 50 à 40 % chez les non-diplômés. Ces données confirment d’autres études sur la précarité de l’emploi, qui, loin de s’étendre à toutes les catégories, frappe de façon inégale, avec des stables d’un côté, qui s’accrochent à leurs emplois et des instables de l’autre.

L’évolution en matière de salaires confirme quand à elle un phénomène que l’on mesure par ailleurs, de hausse des inégalités par un décrochage des revenus des catégories populaires. Le salaire médian des jeunes sortis de l’enseignement supérieur a continué à progresser durant la crise, alors qu’entre 2007 et 2013 il a diminué pour toutes les autres catégories et encore plus fortement pour les non diplômés, qui ont perdu 70 euros mensuels (euros de 2013, une fois l’inflation prise en compte).

Le sort des générations récentes, marquées par le chômage, est dans l’ensemble moins favorable que celui des précédentes, entrées sur le marché du travail dans de meilleures conditions. Mais la jeunesse reste composée d’individus dans des situations sociales hétérogènes : trois ans après la sortie du système éducatif, un jeune qui galère de stages en petits boulots et un jeune cadre supérieur n’ont pas grand-chose en commun. Ces données  méritent tout de même d’être complétées par une analyse selon le type détaillé de formation. Ainsi, comme le note le Céreq, le taux de chômage a bondi de 27 points (de 7 à 21 %) entre 2001 et 2013 pour les jeunes titulaires d’un CAP ou BEP du secteur de l’hôtellerie et du tourisme, alors qu’il a diminué (de 6 à 4 %) pour les diplômés de la branche santé. Enfin, il faudrait tenir compte du phénomène de déclassement : certains jeunes diplômés occupent un emploi mais d'un niveau inférieur à celui auquel leur diplôme les préparait.

Note : pour tous ces graphiques, il s'agit de jeunes qui ont quitté le système scolaire trois ans auparavant, c'est-à-dire en 1998, 2004 et 2010.

Notes:

  1. « CAP-BEP : des difficultés d’insertion encore aggravées par la crise », Bref n°355, Céreq, mai 2015.
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