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Un vieillissement de la population souvent exagéré

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La population française vieillit, le phénomène est connu. L’âge moyen de la population a légèrement diminué entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1960, de 35,7 ans à 34,7 ans du fait du baby-boom. Depuis, il a repris une progression en réalité déjà entamée dans la première partie du XXe siècle : il est remonté à 41,9 ans en 2019. La part des plus de 60 ans a augmenté de 16 % à 26,4 % entre les années 1950 et aujourd’hui. Depuis 2014, elle dépasse celle des moins de 20 ans, qui représentait un tiers de la population à la fin des années 1960.

Ce vieillissement résulte de deux grands facteurs : l’allongement de la durée de vie d’un côté, et la baisse de la fécondité – après une période exceptionnelle de baby-boom – de l’autre. Il n’est que partiellement compensé par l’immigration (les nouveaux arrivant sont moins âgés que la moyenne de la population vivant en France). Ce sont deux bonnes nouvelles : le niveau de santé s’améliore et on contrôle mieux le nombre d’enfants que l’on met au monde. Dans notre histoire démographique, la baisse de la natalité est ancienne, elle date du XIXe siècle et c’est plutôt le baby-boom (1945-1965) qui constitue une exception.

Les conséquences du vieillissement de la population sont souvent dramatisées en France. Les sexagénaires d’aujourd’hui ne sont pas comparables à ceux des années 1950, tant du point de vue de la santé que des modes de vie. L’âge n’est pas une notion fixe : il évolue dans le temps. Ainsi, si l’âge moyen a augmenté de sept années entre le milieu des années 1960 et le milieu des années 2010, l’espérance de vie a augmenté de 13 ans pour les hommes et de 11 ans pour les femmes. L’ensemble de l’échelle de la vie s’est étiré et les temps de la vie évoluent. Les grands-parents d’aujourd’hui n’ont pas les mêmes rôles, les mêmes modes de vie qu’il y a cinquante ans. A partir de 2020, les décès des premières générations du baby-boom joueront dans le sens du rajeunissement de la population ou au moins d’une stabilisation de la structure par âge. En revanche, la baisse de la fécondité joue en sens inverse.

L’impact global du vieillissement demeure très relatif. Ainsi par exemple, les pays où la part des personnes âgées est la plus importante dans la population ne sont pas – et de loin – les moins innovants ou dynamiques, ni les plus conservateurs au plan politique, comme le montre la situation des pays scandinaves. La population de la France vieillit mais notre pays n’en est pas pour autant sur le déclin. Néanmoins, nous devons nous adapter à cette évolution. Dans un contexte de chômage de masse, l’équilibre du régime des retraites est très délicat dans un système par répartition (les actifs financent directement les pensions). Il faut par ailleurs trouver de nouvelles ressources pour la prise en charge des aînés, qui pourra de moins en moins l’être par la génération suivante, et en particulier les femmes qui assument le plus souvent ce rôle. De plus en plus souvent actives, elles portent d’autres aspirations que de prendre en charge leurs parents après s’être occupé de leurs enfants en bas âge. Enfin, à l’avenir, nos sociétés verront un nombre croissant de générations coexister, des arrières grands-parents aux petits-enfants.

Le poids des âges


La population française est auscultée à la loupe, mais on en oublie parfois les éléments les plus simples. Que représente la population de chaque âge dans l'ensemble ? Pour le comprendre, nous l'avons découpé en sept catégories : la petite enfance, l'enfance, l'adolescence, les jeunes adultes, les adultes, le troisième et le quatrième âge. On peut distinguer trois principaux grands groupes d'ampleur inégale. Notre pays compte 22 % de mineurs, soit 14,5 millions de personnes. Cet ensemble se compose de 3,3 % de très jeunes enfants (non en âge d'être scolarisés, 2,2 millions), 10,9 % d'enfants de 3 à 11 ans (7,3 millions) et 7,5 % d'adolescents âgés entre 12 et 17 ans (5 millions). Les jeunes adultes, au nombre de 6,1 millions, représentent 9,1 % de la population totale. Les adultes, 28,9 millions, constituent 43,1 % de l'ensemble. Enfin, les aînés (de plus de 60 ans) représentent un quart de la population, que l'on peut décomposer en troisième âge (de 60 à 79 ans, 20,1 %) et quatrième âge (plus de 80 ans, 6 %).