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Les catégories modestes vivent trois fois plus souvent que les plus aisés dans des logements trop petits

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En moyenne, 14 % des 18-64 ans qui vivent en couple ou en famille habitent un logement jugé trop petit selon l’Inserm, qui compte moins de 18 m2 par personne 1. Près de 30 % des ménages les plus pauvres sont concernés, contre moins de 5 % des plus riches, six fois plus. La fracture sociale est nette : la proportion d’ouvriers non-qualifiés concernés est deux fois plus élevée que celle des cadres supérieurs (20 % contre 10 %). Les familles avec enfants sont beaucoup plus souvent à l’étroit : plus de 20 % sont touchées, contre 5 % des couples sans enfant. La proportion atteint 27 % pour les familles monoparentales.

L’origine migratoire joue aussi. Pas moins de 40 % des immigrés originaires d’un pays hors Union européenne vivent dans un logement suroccupé, quatre fois plus que les ménages de personnes de Français nés de parents français. Ils conjuguent plus souvent de faibles revenus, le fait de vivre dans les grandes métropoles et un nombre d’enfants plus élevé. La situation n’est pas liée uniquement aux difficultés rencontrées à leur installation en France : près de 30 % des descendants d’immigrés extra-européens demeurent concernés. Pour partie, ce phénomène est lié aux discriminations qui existent dans l’accès au logement locatif privé.

La taille du logement est un élément déterminant de la qualité de la vie. L’élévation du prix de l’immobilier et des loyers a conduit une partie de la population à s’éloigner du cœur des grandes villes, ou à être contrainte à vivre dans des petites surfaces. Dans les plus grandes métropoles, la suroccupation touche les milieux populaires mais aussi les classes moyennes. À Paris notamment de nombreux ménages de jeunes cadres sont concernés. Bien sûr, les données de l’Inserm – qui n’utilise que la surface – sont rudimentaires car l’espace nécessaire n’est pas directement proportionnel au nombre de personnes. Le nombre de pièces, la disponibilité d’espaces extérieur (balcon et jardin notamment) jouent aussi. Elles donnent néanmoins une idée des écarts entre les ménages. Écarts encore plus marqués quand, en période de pandémie, on doit se confiner dans ces petits espaces.

 

 

Notes:

  1. « Les inégalités sociales au temps du covid », Questions de santé publique n°40, Ireps, octobre 2020. Habituellement, le surpeuplement est calculé en nombre de pièces. Pour l’Insee, 8 % de l’ensemble de la population habite un logement suroccupé (données 2016)