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L’accès au bac progresse, mais les inégalités persistent

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Plus des trois quarts d’une génération atteint le niveau du bac 1, contre un jeune sur dix dans les années 1960 2.

Cette situation est le fruit d’une politique d’investissement public dans l’éducation, dont l’origine date de la fin des années 1950. A l’époque, la France, pays rural, était très en retard sur ses voisins. La période de la fin des années 1980 et le début des années 1990 a été particulièrement marquante : le taux d’accès au bac a doublé en dix ans, de 30 à 60 % en dix ans. Entre le milieu des années 1990 et 2010, le taux de bacheliers a stagné. Puis il a repris sa progression du fait du passage de deux à trois ans du bac pro et de l’instauration d’un rattrapage pour cette section. La part de jeunes bacheliers de l’enseignement général (un gros tiers) est la même en 2013 qu’en 1995.

 

Des inégalités sociales qui persistent

44 % des jeunes de la génération née entre 1967 et 1971 ont obtenu leur bac, 68 % des enfants de cadres supérieurs et des professions intermédiaires contre 30 % des enfants d’ouvriers et d’employés. Pour la génération 1987-1991, les taux sont respectivement de 85 % et 57 %. L’accès se démocratise sur longue période, mais ce phénomène masque de grandes inégalités quand on se penche sur les détails.

Quand on détaille les catégories, les écarts demeurent imposants : 90 % des enfants d’enseignants obtiennent le bac, contre 40 % des enfants d’ouvriers non qualifiés. Pour la filière S, l’écart va même de un à huit : 40 % des enfants d’enseignants sont bacheliers de cette filière, contre 4,6 % des enfants d’ouvriers non-qualifiés.

 

88 % de réussite au bac

Un peu plus de 700 000 candidats passent les épreuves du baccalauréat chaque année. La plupart de ceux qui en sont là seront diplômés : le taux de réussite atteint 88 %, contre 75 % au milieu des années 1990. Cette évolution peut résulter de différents facteurs : l’élévation générale du niveau scolaire, une plus grande clémence des correcteurs, mais surtout une perception plus forte de l’enjeu scolaire par les élèves, dans un contexte de chômage qui dure. Dans leur très grande majorité, les candidats se préparent soigneusement à l’épreuve et récoltent les fruits de leurs efforts. Là aussi, des écarts existent entre catégories sociales : 95 % des candidats au bac général enfants d’enseignants obtiennent leur diplôme, contre 85,5 % des enfants d’ouvriers et 80 % des enfants dont les parents n’ont pas d’activité professionnelle.

 

Notes:

  1. Il s’agit donc de jeunes nés environ en 1996.
  2. Il s’agit donc de jeunes nés au début des années 1940.