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L’accès au bac progresse, mais les inégalités persistent

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Plus des trois quarts d’une génération atteint le niveau du bac en 2017 1, contre un jeune sur dix dans les années 1960 2. Cette augmentation est le fruit d’une politique d’investissement public dans l’éducation qui commence dès la fin des années 1950. A l’époque, la France, pays rural, était très en retard sur ses voisins. La période de la fin des années 1980 et le début des années 1990 a été particulièrement marquante : le taux d’accès au bac a doublé en dix ans, de 30 à 60 %. Entre le milieu des années 1990 et 2010, le taux de bacheliers a stagné. Puis il a repris sa progression à la fin des années 2000.

Cette hausse est principalement due au passage de deux à trois ans du bac pro qui a attiré davantage d’élèves. La part de jeunes bacheliers de l’enseignement général a très peu augmenté depuis vingt ans : elle était de 37 % en 1995, elle atteint désormais 41 %. Une très grande majorité des enfants des générations récentes (60 %) n’accède pas au bac général qui reste le diplôme qui permet d’accéder aux filières les plus réputées de l’enseignement supérieur. Enfin, le bac technologique – qui en théorie devrait conduire à des filières du supérieur relativement valorisées – est en perte de vitesse depuis 20 ans. Il faut dire qu’une partie des places auxquelles cette filière devrait conduire (en BTS et IUT notamment) sont prises par des bacheliers des filières générales que préfèrent recruter les établissements concernés.

Des inégalités sociales qui persistent

68 % des enfants de cadres supérieurs et des professions intermédiaires nés entre 1970 et 1974 ont eu leur bac contre 41 % des enfants d’ouvriers et d’employés. Pour la génération 1990-1994, les taux sont respectivement de 81 % et 58 %. L’accès au bac se démocratise mais l’écart entre milieux sociaux a peu diminué (il est passé de 27 points à 23 points). Pour partie, la démocratisation de l’accès s’est fait grâce au bac professionnel. Ces moyennes cachent en effet des inégalités très grandes selon le type de bac obtenu : 40 % des enfants d’enseignants sont bacheliers de la filière S, contre 4,6 % des enfants d’ouvriers non qualifiés, selon l’Observatoire des inégalités.

 

88 % de réussite au bac Plus de 750 000 candidats passent les épreuves du baccalauréat chaque année. La plupart de ceux qui en sont là seront diplômés : le taux de réussite atteint 88 %, contre 75 % au milieu des années 1990. Cette évolution peut résulter de différents facteurs : l’élévation générale du niveau scolaire, une plus grande clémence des correcteurs, mais surtout une perception plus forte de l’enjeu scolaire par les élèves, dans un contexte de chômage qui dure. Dans leur très grande majorité, les candidats se préparent soigneusement à l’épreuve et récoltent les fruits de leurs efforts. Là aussi, des écarts existent entre catégories sociales : 95 % des candidats au bac général enfants d’enseignants obtiennent leur diplôme, contre 85,5 % des enfants d’ouvriers et 80 % des enfants dont les parents n’ont pas d’activité professionnelle.

 

Notes:

  1. Les jeunes qui ont passé le bac en 2017 sont nés autour de1999 (certains sont en avance, d’autres ont redoublé.
  2. Donc des jeunes nés au début des années 1940.