Le Compas comparateurterritoires.fr Futuribles

Chômage : femmes et hommes désormais à égalité

Imprimer

A l’automne 2019, la part de femmes et d’hommes au chômage est équivalente (8,3 % contre 8,4 %). Depuis plus de deux ans maintenant, les taux ne diffèrent plus guère selon le sexe. Cette situation est nouvelle. Jusqu’au milieu des années 2000, le taux féminin a toujours été de deux points supérieur à celui des hommes et parfois beaucoup plus. A son niveau le plus élevé, au début des années 1980, l’écart approche les 4 points. La crise qui suit le premier choc pétrolier de 1974 frappe d’abord les femmes : leur taux de chômage est déjà de 8 % en 1981, contre un peu plus de 4 % pour les hommes, presque le double !

Le processus d’égalisation des taux de chômage remonte à une trentaine d’années. Dès la fin des années 1980, l’écart se réduit. Il est de deux points au détriment des femmes au début des années 2000 mais les courbes se rencontrent pour la première fois fin 2009. Ce rapprochement sur longue période reflète l’élévation du niveau d’éducation des filles, un phénomène qui s’amorce en réalité dès les années 1950. A partir du début des années 2000, au sein des emplois féminin, la part des titulaires d’un bac+2 devient supérieure à son niveau chez les hommes (lire notre article).

La crise de 2008 va même voir une inversion des taux : au milieu de l’année 2015, le taux de chômage des hommes est supérieur d’un point à celui des femmes (10,7 % contre 9,6 %). La crise qui touche l’industrie, secteur très masculin, est de grande ampleur. Les services, davantage féminisés, sont (relativement) moins touchés. Mais le taux de chômage des hommes va baisser rapidement à partir de 2015 pour revenir à égalité de celui des femmes.

 

Femmes et hommes, égaux devant le chômage ? Certes, mais à quel prix ? Ce phénomène résulte pour partie du développement d’emplois peu qualifiés majoritairement féminins, qu’il s’agisse des services domestiques (femme de ménage), des métiers du secteur de la distribution (vendeuse et caissière), ou de la santé (aide soignante). Des postes mal rémunérés et souvent très précaires. Les femmes sont par ailleurs beaucoup plus souvent employées en temps partiel contraint. Depuis la fin 2010 et pour la première fois depuis les années 1970, le taux d’activité des femmes a stagné autour de 83 % (pour les 25-49 ans), alors qu’il tendait historiquement à rattraper celui des hommes. L’écart des taux d’activité se stabilise autour de dix points. Une partie des femmes, découragées par les mauvaises conditions d’emploi, cessent de se porter sur le marché du travail : elles n’apparaissent plus dans les statistiques du chômage. En 2018, 930 000 femmes n’étaient pas considérées comme actives mais indiquaient à l’Insee qu’elles souhaitaient travailler, contre 670 000 hommes.