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Chômage : la crise touche davantage les hommes

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Le nombre d’hommes au chômage a augmenté de 50 % entre le premier trimestre 2008 et le 3e trimestre 2016, contre 45 % pour les femmes, selon les données de l’Insee. Au total, on a enregistré sur la période 488 000 hommes et 419 000 femmes de plus parmi les demandeurs d’emploi. Début 2008, le taux de chômage des hommes (6,6 %) était inférieur d’un demi point à celui des femmes (7,1 %). Six ans plus tard, leurs taux de chômage sont équivalents.

Entre 2008 et 2016, la progression du chômage n’a pas été linéaire selon les sexes. Pour les hommes il y a eu deux périodes de forte hausse : 2008-2009, puis 2011-2013. Pour les femmes, la progression a été très nette au début de la crise et beaucoup plus lente ensuite. De 2014 à mi-2016, le taux de chômage des hommes s’est situé très nettement au-dessus de celui des femmes. A l’automne 2016, les hommes ont davantage profité de la baisse du chômage et les taux sont revenus à égalité.

Evolution du taux de chômage des femmes et des hommes

Cette inversion des taux de chômage entre les sexes est un phénomène nouveau. Jusqu’au milieu des années 2000, on a toujours enregistré environ deux points d’écart entre hommes et femmes (voir notre graphique ci-dessous). Elle résulte de plusieurs phénomènes. D’abord une crise industrielle de grande ampleur, secteur où les emplois sont plus souvent masculins, alors que les services, davantage féminisés, sont moins touchés. Ensuite, un plus grand équilibre entre hommes et femmes sur le marché du travail, avec une hausse très nette du niveau de qualification féminin.

L’égalité des taux de chômage ne doit pas faire illusion. Elle résulte pour partie du développement d’emplois peu qualifiés majoritairement féminins, qu’il s’agisse des services domestiques (femme de ménage) ou des métiers du secteur de la distribution (vendeuse et caissière). Des postes mal rémunérés et très précaires, qui ne constituent pas de réels emplois. Les femmes sont par ailleurs beaucoup plus souvent employées en temps partiel contraint. Depuis la fin 2010 et pour la première fois depuis les années 1970, le taux d’activité des femmes a stagné autour de 84 % (pour les 25-49 ans), alors qu’il tendait historiquement à rattraper celui des hommes. Une partie des femmes, découragées par les mauvaises conditions d’emploi, cessent de se porter sur le marché du travail : elles n’apparaissent plus dans les statistiques du chômage. Ceci dit, ce phénomène est aussi vrai pour les hommes, dont le taux d’activité diminue. Le découragement est général.

Evolution du taux de chômage des femmes et des hommes, en série longue