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Les inégalités de salaires femmes-hommes se réduisent

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Dans les années 1960, le salaire des femmes à temps complet représentait les deux tiers de celui des hommes, il dépasse désormais les 80 %. Entre le milieu des années 1990 et le début des années 2000 ce rattrapage s’était quasiment interrompu, il a repris depuis, mais à un rythme plus lent qu’au cours des années 1970 et 2000. Le « plafond de verre » 1 est loin d’être crevé. Avec 17 % d’écart entre femmes et hommes (données 2016), on demeure loin de l’égalité. Au rythme de rattrapage de ces dernières années, il faudrait attendre les années 2060, voire 2070, pour que la rémunération des femmes à temps complet soit équivalente à celle des hommes.

Les nouvelles générations de femmes sont de plus en plus diplômées et accèdent à davantage de postes à responsabilité, mais la progression est souvent très lente. En même temps, l’emploi féminin peu qualifié se développe rapidement, avec des salaires souvent très faibles. L’emploi féminin devient plus inégal, il se polarise. Au final, la situation des femmes sur le marché du travail est décalée par rapport à leur niveau de diplôme, surtout pour les plus jeunes. Parmi les personnes en emploi, la part des femmes disposant d’un diplôme supérieur à bac + 2 est plus élevée que celle des hommes depuis le début des années 2000 (lire notre article).

Ces données pour des temps complets masquent l’effet du temps partiel. Le trois quarts des salariés en temps partiel sont des femmes. Du coup, toutes formes d’emplois confondues, le « revenu salarial » (le salaire, tous temps de travail confondus) des femmes n’atteint que 76 % de celui des hommes (données 2015). Pour partie, cela résulte d’un choix, mais de nombreuses femmes souhaiteraient travailler davantage. La moyenne des salaires cache aussi des écarts qui s’élèvent avec le niveau de rémunération. Pour des temps complets, les femmes les moins rémunérées touchent 94 % du salaire des hommes (80 euros de moins par mois). En revanche, elles n’arrivent qu’à 81 % des salaires masculins au seuil des 10 % les mieux rémunérés (770 euros de moins) et 77 % pour celui des 5 % (1 200 euros de moins).

La décomposition des écarts

Ces données sur les seuls temps complets sont imparfaites. Pour mesurer les différents écarts, le ministère du Travail a réalisé une étude spécifique (données 2012, les chiffres ne sont pas comparables aux tableaux précédents). La différence totale de salaires entre les femmes et les hommes, qui comprend tous les temps de travail confondus, serait de 25,7 %. L’écart de salaire pour les temps complets, serait de 16,3 %. Si l’on tient compte du type de métier occupé il passe à 12,8 % et  « toutes choses égales par ailleurs » (âge, ancienneté, taille d’entreprise, etc.), il diminuerait à 10,5 %. Ce dernier chiffre est la part que l’on n’arrive pas à expliquer et qui peut s’analyser, au moins en partie, comme le niveau des discriminations.

Cette estimation est très imparfaite car les discriminations subies par les femmes en matière de salaires peuvent aussi s’exprimer en amont : dans l’orientation scolaire, dans la durée du travail, les primes, etc. Il s’agit d’un exercice très théorique, qui ne correspond pas à la vie réelle. C’est moins le chiffre lui-même qui est intéressant que la compréhension d’un processus qui dépend de très nombreux facteurs. Il prend ses racines dès l’école et dépend aussi de l’inégale répartition des tâches domestiques, des capacités d’accueil des jeunes enfants, des pratiques de promotion dans l’univers professionnel, du développement des différents secteurs de l’économie, etc.

 

Notes:

  1. Expression utilisée pour signaler l’existence d’une limite invisible au rattrapage salarial entre femmes et hommes.
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