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L’évolution des taux d’activité en période de crise

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Au cours des quarante dernières années, le taux d’activité des 15-64 ans n’a quasiment pas varié (autour de 70 %) en dépit de la montée du chômage. Les Français n’ont pas été découragés par les évolutions du marché du travail, mais les moyennes masquent des évolutions contrastées selon le sexe et l’âge.

Le taux d’activité des 25-49 ans a progressé de 78,5 à 89 %. A cet âge, exercer une activité rémunérée à la fois la condition de l’autonomie économique, mais aussi un élément du statut social. La progression a surtout eu lieu entre 1975 et 1995 ; depuis, le taux est plutôt stable. Elle traduit principalement la baisse du nombre de « femmes au foyer » : une fois scolarisées, les jeunes filles se dirigent désormais dans leur immense majorité vers l’emploi.

Au cours de cette période, l’écart de taux d’activité entre hommes et femmes a été presque divisé par quatre, de 38 à 10 points ; désormais, 84 % des femmes de 25 à 49 ans sont actives, contre 94 % des hommes. Cette convergence est d’abord la conséquence de la hausse de l’activité professionnelle des femmes, dont le taux n’était encore que de 60 % au milieu des années 1970. Elle se fait désormais aussi, de façon plus récente, par la réduction du taux d’activité masculin. Cette dernière peut être liée à l’allongement des études pour une partie des 25-30 ans. Elle peut aussi résulter d’un effet de découragement, compte tenu de la détérioration des conditions d’emploi, notamment depuis la crise de 2008.

L’évolution des taux d’activité résulte aussi de l’effet des comportements par âge. La période 1975-2013 est d’abord marquée par la nette diminution du taux d’activité des 15-24 ans, passé de 58 % à 38 % entre 1975 et 1995. Une baisse qui correspond au boom scolaire français et au développement de l’enseignement supérieur. Depuis 20 ans maintenant, le taux d’activité des jeunes n’évolue plus. Quant au taux d’activité des 50-64 ans, il a diminué nettement entre 1981 et 1991 ; la politique de l’emploi organise alors le retrait d’activité, notamment avec le développement des préretraites. Face au déséquilibre du financement des retraites, changement d’orientation : l’objectif est de remettre les plus âgés au travail et leur le taux remonte à plus de 60 %.

Globalement, l’activité rémunérée occupe toujours la même proportion de la population d’âge adulte. Mais l’âge d’activité s’est élevé et l’égalité entre les sexes a progressé. Reste deux grandes interrogations. Premièrement, l’arrêt dans la baisse du taux d’activité des jeunes est-elle temporaire ou durable ? L’allongement de la période de formation initiale constitue une tendance historique, stoppée depuis 20 ans. Deuxièmement, le taux d’activité féminin n’augmente plus depuis 2010. S’agit-il d’un nouveau « plafond de verre » en matière d’activité professionnelle ? Les femmes vont-elles, malgré tout, arriver au même niveau d’activité que les hommes ? L’arrêt de la progression de l’activité féminine serait aussi une rupture historique.