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Le partage des tâches domestiques entre hommes et femmes évolue très peu

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Le partage des tâches domestiques évolue très peu. Sur l'ensemble du temps domestique, la part réalisée par les femmes est passée de 66 à 63 % entre 1990 et 1999, si l'on ne prend en compte que les actifs ayant un emploi. Les hommes y consacrent le même temps que dix ans auparavant (deux heures), les femmes 22 minutes de moins (sur 3h48 en 1990).

Ces données rassemblent des activités très différentes. En 2010, les hommes bricolent moins qu'en 1999 (-10 minutes), mais consacrent un peu plus de temps aux soins aux enfants et autres adultes (+7 minutes). Ils occupent quelques minutes supplémentaires au ménage (+4 minutes). Les femmes consacrent moins de temps au travail domestique proprement dit (-31 minutes) et un peu plus aux enfants (+ 9 minutes).

Les données de l'Insee permettent de détailler les tâches, et de séparer ce qui relève du travail quotidien le plus ingrat du "quasi loisir" (bricolage et jardinage). Elles sont riches d'enseignements. Si on ne considère que le ménage, la cuisine, les courses ou le rangement (ce que l'Insee appelle le "noyau dur" des activités domestiques) les écarts restent considérables. Les femmes consacrent 2,2 fois plus de temps à ces tâches domestiques régulières et peu valorisées. Soit 2h12 chez les femmes et une heure chez les hommes. L'écart varie fortement entre catégories sociales : il est de 3,3 chez les ménages d'agriculteurs, de commerçants et de chefs d'entreprise, de 2,5 chez les ménages ouvriers et 1,9 chez les cadres supérieurs. Une partie des cadres dispose de moyens pour réduire le déséquilibre en employant du personnel à domicile.

Si l'on observe les tâches encore plus finement et que l'on ne comptabilise que le ménage proprement dit, la part des femmes est 4,4 fois supérieure pour les populations ayant un emploi : 66 minutes pour les femmes contre un quart d'heure chez les hommes. L'écart est de 6,8 fois chez l'ensemble agriculteur-commerçant-chef d'entreprise, de 4,5 fois chez les ouvriers et 3,8 fois chez les professions intermédiaires…  Si l'on considère l'ensemble de la population de plus de 11 ans (ayant ou non un emploi), cet écart est réduit dans l'enfance (1,2 fois chez les moins de 18 ans), s'accroît progressivement pour devenir maximum chez les 40-50 ans (3,4 fois). Il se réduit ensuite à 2,6 fois entre 60 et 70 ans. L'arrivée d'enfants creuse les inégalités de tâches domestiques.

Dans l'emploi les métiers les plus pénibles sont souvent masculins, à la maison, les tâches ingrates reviennent aux femmes. Le contraste est fort entre des discours égalitaires et une répartition des rôles qui reste déséquilibrée dans l'intimité de la sphère privée. De nombreux principes de justification sont employés pour tenter de régler cette tension comme le "savoir-faire" féminin ou masculin, et surtout l'activité professionnelle des hommes. Resterait tout de même à mesurer les évolutions de façon fine : ces données moyennes peuvent masquer un effet de génération, avec des répartitions qui tendraient à devenir plus équilibrées pour les plus jeunes. Au vu de l'évolution globale, cet effet ne peut qu'être limité, ce qui n'est pas de bon augure pour l'égalisation.