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Davantage de femmes parmi les élus

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Le début du XXIe siècle est marqué par une forte féminisation des élus. Jusqu’à la fin des années 1990, la part des femmes parmi les députés avait stagné sous la barre des 6 %, elle atteint 39 % depuis 2017. Même tendance chez les sénateurs, même si le progrès n’a pas été aussi vif, la part des femmes atteignant 25 %. La tendance est encore plus marquée au niveau des assemblées locales. Les femmes représentent désormais 40 % des conseillers municipaux, la moitié des conseillers régionaux et départementaux.

Cette évolution au sein des assemblées délibératives de la République est une nouvelle étape, presque 75 ans après l’ordonnance du général de Gaulle qui a accordé le droit de vote aux femmes. Les hommes ont laissé la place sous la contrainte, avec plusieurs lois sur la parité en politique, la première ayant été votée en juin 2000. Les avancées obtenues constituent un argument pour les défenseurs de la discrimination positive : l’imposition de quotas a accéléré un mouvement trop lent d’égalisation.

Part des femmes

Les hommes ont cédé une partie de leurs places dans les assemblées, mais ils continuent à représenter 60 % des députés et les trois quarts des sénateurs. Ils ont aussi gardé les postes de décision. Une seule femme, Edith Cresson, a dirigé le gouvernement de la France et elle n’est restée à ce poste que dix mois, entre mai 1991 et avril 1992. Les ministères clés restent dans l’immense majorité des cas détenus par des hommes. La présence de femmes à la tête de grandes villes comme Lille (Martine Aubry) et Paris (Anne Hidalgo) masque le fait que 84 % des maires de communes de plus de 3 500 habitants sont des hommes. Les femmes ne représentent que 8 % des présidents de conseils départementaux et elles ne dirigent qu’une région sur cinq. Les deux femmes qui ont atteint le second tour d’une élection présidentielle (Ségolène Royal et Marine Le Pen) n’ont pas été élues chef de l’Etat.

L’ampleur du mouvement d’égalité entre les sexes au niveau des assemblées devrait porter ses fruits aux postes de pouvoir, même s’il faudra sans aucun doute quelques décennies pour un véritable partage du pouvoir. Ce phénomène pose par ailleurs la question de la représentation d’autres catégories de population, comme les jeunes, les personnes issues de l’immigration et les milieux populaires. Les employés et les ouvriers, qui représentent un peu moins de la moitié de la population, ne comptent que pour 5 % des députés selon une étude publiée par l’Institut Diderot 1.

tableau de bord femmes politiquePart des femmes parmi les conseillers départementaux

 

 

Notes:

  1. « Une Assemblée nationale plus représentative ? Mandature 2017-2022 », Eric Keslassy, Les Notes de l’lnstitut Diderot, Institut Diderot,  septembre 2017.