L’évolution de la structure sociale

La composition de la population active1 en catégories socioprofessionnelles est tirée vers le haut par l’élévation des qualifications, commandée notamment par le développement du secteur des services. La part des cadres supérieurs a doublé entre 1982 et 2012, de 8 % à 17 %. Celle des anciens cadres moyens, les « professions intermédiaires » a augmenté de 20 à 24 %. Elle a dépassé la catégorie des ouvriers en 2009.

Cette évolution s’est faite partiellement au détriment des catégories populaires. La part des ouvriers a décliné fortement, de 32 % à 22 %. En revanche, celle des employés (souvent des femmes) s’est accrue de 26 % à 29 %. Ces deux catégories sont proches à bien des égards. Elles partagent de faibles niveaux de rémunérations et de diplômes. Une partie des employés exercent dans des conditions très semblables à celles des ouvriers. L'homogamie est forte entre ces catégories sociales. Certes, la part des ouvriers et employés dans la population a baissé de 58 % à 51 %, mais elle demeure majoritaire.

Deux autres grandes catégories sociales - composées d'indépendants aux statuts sociaux très inégaux - ont perdu du terrain : l’ensemble "artisans, commerçants et chefs d’entreprises" (de 8 à 6 %) et surtout les agriculteurs exploitants, de 7 à 2 % de la population active.

L'augmentation de la part des cadres supérieurs et des professions intermédiaires d'un côté, le déclin des ouvriers de l'autre entraînent une mobilité sociale vers le haut, dite « structurelle » car liée à la structure des emplois (lire notre article). En revanche, l’égalité des chances en termes d'accès à une position sociale donnée a diminué entre 1993 et 2003. Elle s’est sans doute encore dégradée depuis compte tenu des conditions du marché de l’emploi. Enfin, la France est loin d'être "moyennisée", même si les couches moyennes occupent une part légèrement croissante de la population active.

 

 

  • 1. Actifs occupés et chômeurs rapporté au total des actifs.
Rubriques: