Le nombre de travailleurs pauvres progresse

Le nombre de travailleurs pauvres est passé de 913 000 à un 1,07 million entre 2002 et 2012 (+17 %), si on utilise le seuil de pauvreté situé à 50 % du niveau de vie médian. Le taux de travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 3,7 à 4,2 % durant la même période. De plus en plus d'actifs occupés, salariés ou indépendants, doivent se contenter de revenus du travail inférieurs au seuil de pauvreté, soit 822 euros par mois en 20121.

Le Smic (1 139 euros nets mensuels) évite la baisse des salaires sous le seuil de pauvreté pour des temps complets et freine la progression de la pauvreté des actifs occupés. L'augmentation de cette dernière est l'effet de deux facteurs principaux : le développement du temps partiel (pour partie contraint) et le morcellement de périodes d'activité sur l'année, qui conduisent une part croissante de travailleurs à vivre avec des ressources très faibles en moyenne même s'ils ont, à un moment donné, un salaire supérieur au seuil de pauvreté. Le Revenu de solidarité active et son volet "activité", mis en place à partir de 2009 pour lutte contre la pauvreté laborieuse n'a guère modifié la situation.

Ces données minimisent le phénomène. Nous utilisons le seuil de pauvreté  le plus restrictif. Au seuil de 60 % du niveau de vie médian, on compte 1,9 million de travailleurs pauvres. Nous ne considérons que les actifs occupés, et non l'ensemble des personnes qui vivent dans un ménage où la personne de référence est un actif occupé, soit deux millions de personnes au seuil de 50 % et le double au seuil de 60 %. Enfin, la situation s'est très probablement dégradée depuis 2012 avec la montée du chômage.

  • 1. Au seuil de pauvreté de 50 %
Rubriques: 
Thèmes: