Le temps partiel n'augmente plus

Depuis 1980, le nombre d'emplois à temps partiel est passé de 1,8 million à 4,6 millions. La croissance a été très forte jusqu'à la fin des années 1990, puis elle s'est ralentie. Le nombre d'emploi en temps complet a baissé à partir du début des années 1980, puis il s'est remis à progresser jusqu'à la fin des années 2000 et stagne depuis. Au total, le taux de temps partiel a été plus que multiplié par deux entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1990, de 8 à 18 %. Depuis, il stagne.

Le temps partiel regroupe des réalités très différentes, de l'emploi occupé faute de mieux en attendant de passer à un temps complet, au temps choisi pour consacrer du temps à d'autres activités. En moyenne, environ trois actifs en temps partiel sur dix disent souhaiter travailler davantage et peuvent être considérés comme travaillant en temps partiel subi. Cette donnée sous-estimée car une partie des actifs à temps partiel ont abandonné l'idée même de travailler davantage compte tenu de la situation du marché du travail (voir encadré ci-dessous). Au total, la part de temps partiel subi est passée de 25 % à 35 % dans les années 1990, elle a ensuite diminué pour se stabiliser depuis plusieurs années autour de 27-29 %.

3,6 des 4,6 millions de postes à temps partiel - soit 80 % de ces emplois - sont occupés par des femmes, proportion quasiment constante depuis 20 ans.  30 % des femmes occupent un temps partiel, contre 6,7 % des hommes. Les  écarts de salaires et la persistance de déséquilibres dans la prise en charge des tâches domestiques expliquent pour une grande part cet écart.

Cette situation a un impact déterminant en matière de temps partiel subi. Certes le temps partiel est plus souvent subi chez les hommes (34 %) que chez les femmes (26%). Mais compte tenu de leur poids dans l’ensemble des actifs à temps partiel, les femmes représentent les trois quarts des salariés en temps partiel subi. Elles sont près d’un million à être dans ce cas, contre 300 000 hommes.

Entre les femmes, les inégalités sont tout aussi importantes qu'entre hommes et femmes. Plus de la moitié des femmes employées dans les services à domicile et 37 % des employées du commerce sont en temps partiel, contre 12 % des femmes cadres. Une grande partie des travailleurs pauvres sont des femmes à temps partiel. Comme le montre le ministère du travail, le temps partiel subi concerne beaucoup plus souvent les femmes peu qualifiées que les femmes diplômées. La probabilité pour une femme non-diplômée d’être en temps partiel subi plutôt que choisi est 2,5 fois supérieure à celle des femmes qui disposent d’un bac. Pour celles qui ont un diplôme supérieur à bac+2, la même probabilité est deux fois moins élevée.

Comment mesurer le temps partiel subi ?
30,7 % des femmes qui travaillent en temps partiel ont fait ce choix faute d’avoir trouvé un emploi à temps plein, selon les calculs du ministère du travail, d’après l’enquête emploi de l’Insee pour l’année 2011 1. Le ministère considère comme « subi » le temps partiel de celles qui n’ont pas trouvé d’emploi en temps complet. Mais est-il réellement « choisi » dans tous les autres cas ? Une partie du tiers des femmes occupées en temps partiel « pour s’occuper des enfants ou d’un autre membre de la famille », des 16 % des femmes qui sont dans ce cas pour « disposer de temps libre ou faire les travaux domestiques » ou des 5,7 % de femmes en temps partiel pour des raisons de santé n’ont pas choisi leur situation. Certaines femmes peuvent avoir refusé un temps plein incompatible avec leur emploi du temps par ailleurs, par exemple faute de structure d’accueil de jeunes enfants ou lié à des horaires trop atypiques. Le taux de temps partiel subi est sans doute plus proche de 50 que de 30 %.

Pour en savoir plus :

- "Le temps partiel en 2011", Dares analyses n°005, ministère du travail, janvier 2013.

- "Le travail à temps partiel", Synthèse Stat' n°4, juin 2013, ministère du travail, juin 2013.

- "Le temps partiel subi en France", Observatoire des inégalités, septembre 2012.

 

  • 1. On notera que la proportion est légèrement supérieure à celles des femmes qui travaillent en temps partiel et qui souhaiteraient travailler davantage, cf plus haut.
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