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Automobile : les Français saturent ?

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Les Français font une pause avec leur voiture. Depuis le début des années 2000 le nombre de km parcourus stagne autour de 810 millions, en rupture très nette avec la tendance précédente (voir graphique). Rien qu’entre 1997 à 2002, les automobilistes avaient parcouru 100 millions de km supplémentaires en moyenne annuelle. Depuis 2002, la part de ménages équipés plafonne autour de 82 %  (voir graphique). En même temps, le nombre moyen de km annuels par véhicule a nettement baissé entre 2001 et 2014, de 13 800 à 12 600 1(voir graphique). Le parc de voitures particulières, qui était passé de 25 à 30 millions de véhicules entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000 augmente beaucoup moins vite depuis cette période (voir graphique).

La voiture reste le mode de déplacement par excellence. Elle représente 83 % des 1 000 milliards de km parcours chaque année (avec un véhicule motorisé), contre 10 % pour le train, 5 % pour le bus et 1 % à l’avion. Son essor date de la Seconde Guerre mondiale : on comptait 1,7 million de véhicules 2 en circulation en 1946, trente ans plus tard ils sont dix fois plus nombreux. La voiture a transformé la société, apportant une liberté de déplacement gigantesque, élargissant l’horizon du marché du travail, des sorties, des vacances et de la sociabilité. L’accès à l’automobile est devenu un marqueur de l’autonomie et de la position sociale. Mais elle a aussi ses contraintes : l’auto coûte cher à celui qui la possède et à la société avec son lot de pollution, de nuisances sonores, d’accidents, etc.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le ralentissement actuel. Le développement de l’habitat périurbain, qui impose souvent l’équipement d’une deuxième voire d'une troisième voiture par ménage, est moins rapide. Dans l’hyper-centre des grandes villes, le renchérissement du stationnement rend la voiture de plus en plus onéreuse, notamment pour les jeunes. Les réseaux de tramway se développent. En même temps, la croissance économique est au ralenti depuis 2002, ce qui pèse sur les revenus et donc l’équipement des ménages. L'essor du covoiturage a pu jouer, mais à la marge.

Peut-on parler de saturation durable ? Personne n’en sait rien : aux Etats-Unis, on compte 8 véhicules pour dix habitants contre 5,3 en France : il reste de la marge. L’équipement auto varie du simple au double en fonction des niveaux de vie. De nombreux ménages des classes populaires n’ont pas les moyens d’accéder à ce moyen de locomotion auquel ils aspirent. A l’âge adulte, seule une poignée parmi les plus favorisés – souvent des célibataires citadins – se privent volontairement de l’auto. A l’avenir, beaucoup dépendra de l’urbanisme : de la localisation et du type de logements, de l’implantation des commerces ainsi que de l’accent mis en matière d’infrastructures sur la route ou le transport en commun.

Notes:

  1. Ce dernier phénomène n’est pas dû à l’équipement en seconde voire troisième voiture dont le niveau stagne aussi.
  2. Tous véhicules confondus.
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