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Le bénévolat est en plein boom en France

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43 % des plus de 18 ans déclarent avoir exercé une activité bénévole dans un cadre organisé 1 en 2017, contre 28 % en 2002 selon une enquête menée par le Laboratoire d’économie et de management de Nantes-Atlantique et le Centre de recherche sur les associations 2. Entre ces deux dates, le nombre de personnes mobilisées est passé de 12,5 millions à 22 millions. Cette progression est notamment due à un engagement dans le domaine social/caritatif et humanitaire 3 qui a vu sa part doubler : 26,5 % des bénévoles se sont engagés dans ce domaine, contre 13,1 % en 2002.

« Peut-on appeler du même nom de bénévole le participant qui donne cinq heures par an, très ponctuellement, et celui qui consacre cinq heures par semaine pendant toute l’année à ses activités volontaires non rémunérées ? », comme le souligne Lionel Prouteau, auteur de l’étude, il faut rester prudent. L’activité bénévole reflète des investissements très différents : 52 % des personnes déclarent ainsi une participation « occasionnelle ». La durée moyenne effectuée par un bénévole est d’une centaine d’heures par an, mais la moitié des bénévoles s’investissent moins de 45 heures. 11 % des bénévoles réalisent près des trois quarts de l’ensemble du travail bénévole, souligne l’étude.

On manque d’éléments pour réaliser une comparaison précise, mais rien n’indique que le bénévolat soit devenu plus volatil ou éphémère qu’avant comme on peut le lire : « le bénévolat « post-it » est une réalité, mais il n’est pas hégémonique », remarque Lionel Prouteau : pas moins de 45 % des participants ont au moins cinq années d’ancienneté et plus d’un quart au minimum dix ans.

Comme le montre les évolutions de la participation politique, l’autonomie croissante des individus dans la société n’implique aucunement une montée de l’individualisme et un déclin de l’engagement collectif, dans des domaines très divers, qui peuvent aller des activités sportives à l’aide aux plus démunis. L’absence de prise en compte par les pouvoirs publics de certains besoins, qu’il s’agisse de l’aide au plus pauvres ou aux étrangers, entraîne de nouvelles formes de mobilisations. Il est possible d’ailleurs que la crise de 2020 suscite de nouvelles vocations.

 

Notes:

  1. L’étude porte sur le bénévolat dans un cadre organisé, elle ne prend pas en compte l’entraide familiale par exemple.
  2. Voir Bénévolat et bénévoles en France en 2017, rapport de recherche, Lionel Prouteau, enquête CRA-CSA 2017, octobre 2018.
  3. Associations caritatives du type Secours populaire ou Secours catholique, Téléthon, etc.