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Logement : diviser pour mieux loger ?

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Entre 2001 et 2011, 19 000 logements ont été créés en Ile-de-France par le phénomène de la "division pavillonnaire", restructuration en plusieurs appartements d'une maison individuelle, selon une note de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France (voir "pour en savoir plus"). Augmenter le nombre de logements n'est en effet pas la seule réponse possible à la hausse de la demande. On peut aussi diviser ceux qui existent en plusieurs petites unités : 8 000 pavillons ont été ainsi restructurés en dix ans.

Ces restructurations répondent à plusieurs types de logiques pour les propriétaires occupants, indique les auteurs de l'étude : accueil de personnes âgées ou de jeunes, location à un tiers pour obtenir un complément de revenu. Pour les propriétaires bailleurs, il peut s'agir de stratégie d'investissement locatif plus rentable. "Elles peuvent aussi être assimilées aux pratiques de diviseurs peu scrupuleux, voire quasi professionnels, qui investissent certains secteurs pavillonnaires et y créent l'équivalent de pensions sans statut, rentabilisant chaque m2  du logement.", complètent les auteurs.

La France pavillonnaire est face à un effet de cycle. Beaucoup de maisons ont été construites dans les années 1970 et 1980.  Souvent occupées par des jeunes couples à l'origine, elles se sont vidées à partir des années 1990 avec le départ des enfants. Arrive le moment des successions. En même temps, la faible densité des territoires pavillonnaires consomme un espace considérable alors que le besoin en logements est grand. La question de la division en plusieurs logements se posera de plus en plus souvent à l'avenir.

Pour l'heure, elle ne reste qu'une solution marginale. Entre 2001 et 2011, pas moins de 39 000 pavillons ont disparu. La restructuration et la densification s'effectuent davantage par le biais de programmes de construction de programmes neufs. Outre qu'elle n'est pas toujours simple à réaliser en pratique (les pavillons n'ont pas été conçus pour), et même si elle s'accompagne souvent d'un agrandissement du logement, la division débouche mécaniquement sur des surfaces moyennes inférieures, ce qui n'est pas toujours le souhait des habitants.

Pour en savoir plus : "La division des maisons individuelles au cœur de l'Ile-de-France", Note rapide n°633, IAU-IDF, octobre 2013.

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