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Nouvelles technologies : l’accès se généralise, l’usage plafonne

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Les Français sont entrés dans l’ère des technologies de l’information et de la communication il y a 20 ans. Aujourd’hui, 94 % des plus de 12 ans sont équipés d’un téléphone mobile selon le Crédoc (données 2018), contre 11 % en 1998. 78 % disposent d’un ordinateur et 86 % d’un accès à Internet fixe, contre respectivement 23 % et 4 % en 1998. La France est l’un des pays les mieux équipés au monde. Mais équipement et usage semblent plafonner.

L’équipement en nouvelles technologies n’est pas plus rapide que pour la télévision

La progression de l’équipement en nouvelles technologies n’est pas si spectaculaire que cela. La vitesse d’équipement en téléphone mobile (à partir de 1999) ou de l’accès à Internet (à partir de 2002) est très semblable à celle de la télévision à partir du début des années 1960 (voir graphique), même si le téléphone mobile a démarré beaucoup plus vite les trois premières années. Au bout de huit années (au début des années 1970), l’équipement en téléviseurs a atteint le même niveau que celui en téléphones mobiles au milieu des années 2000. L’accès à Internet suit exactement la même évolution que le petit écran. Ces nouveaux objets et ces nouvelles technologies se diffusent très rapidement dans une société de consommation aux niveaux de vie élevés.

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La fin annoncée du téléphone fixe

L’équipement du foyer en nouvelles technologies évolue. La vidéo et la musique en ligne sont en train de faire disparaître progressivement des salons les lecteurs DVD et CD. C’est peut-être aussi le cas du téléphone fixe. Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, le taux d’équipement en téléphone fixe avait déjà diminué de plus de dix points, de 94 % à 82 %. Il est remonté avec l’essor de la téléphonie via Internet (les « box ») jusqu’au milieu des années 2010. La baisse du prix des forfaits mobiles et l’allongement de leur durée, conjuguée à l’essor de la communication via les réseaux sociaux, a conduit à une nouvelle diminution de l’équipement en téléphone fixe depuis 2013, qui devrait se poursuivre. Un changement historique.

De moins en moins d’ordinateurs et de tablettes chez soi

L’équipement en ordinateur (78 %) a perdu cinq points depuis 2013. L’ordinateur classique est de moins en moins utile pour l’usage le plus commun qui en est fait à la maison, notamment par les plus jeunes : la communication. L’email est remplacé pour partie par les échanges via les smartphones sur les réseaux sociaux. L’équipement en smartphones (75 %) progresse très rapidement, à la même vitesse que le téléphone mobile à ses débuts. L’agrandissement de la taille des écrans conduit à délaisser les tablettes, en perte de vitesse en 2018 pour la première fois. Le téléphone mobile (94 %) équipe la quasi-totalité de la population. Comme la télévision et le téléphone hier, ces nouvelles technologies transforment les usages, de l’écoute de la musique aux achats, en passant par l’accès à l’information ou aux jeux. Progressivement, chacun devient connecté de plus en plus souvent, où qu’il soit. A l’avenir, il est probable que l’équipement en ordinateur domestique restera pour l’essentiel destiné aux jeunes dans le cadre de leurs études ou pour jouer, ainsi qu’un usage professionnel pour les cadres.

Les inégalités d’accès se réduisent

La principale fracture face au numérique reste l’âge mais elle s’amenuise vite, les plus âgés s’équipant progressivement. 82 % des 60-69 ans se connectent à Internet, quatre fois plus qu’en 2006. Les inégalités d’accès se réduisent aussi entre catégories sociales : les ouvriers ont, par exemple, réduit une grande partie de l’écart avec les cadres supérieurs en matière d’équipement en ordinateurs. De 40 points en 2003, l’écart de taux d’équipement est passé à 17 points (95 % pour les cadres contre 78 % pour les ouvriers) en 2017. Il augmente à nouveau en 2018, mais parce qu’une part croissante de la population se passe d’ordinateur pour accéder à Internet. Le niveau de vie n’est plus, lui non plus, un clivage majeur. Même si on en est encore loin, on peut même se demander s’il ne va pas se passer demain pour Internet et les réseaux sociaux la même chose que pour la télévision : pour les plus favorisés, il devient socialement distingué de ne pas être connecté.

Les exclus du numérique demeurent

En attendant, les oubliés du numérique restent nombreux. 11 % de la population ne se connecte jamais à Internet, soit environ 5,7 millions de personnes. En dépit des progrès, les plus âgés en demeurent éloignés : 40 % des plus de 70 ans et 46 % des personnes à bas revenus 1 ne sont pas connectées. à Internet Comme pour le livre ou la télévision, c’est de plus en plus l’usage qui sépare les populations. 40 % de la population (87 % des plus de 70 ans) n’utilisent pas les réseaux sociaux virtuels (Facebook, Twitter, etc.). Un tiers de la population n’a jamais effectué de démarche administrative en ligne. C’est le cas de 70 % des non-diplômés contre 10 % seulement des diplômés du supérieur. La large diffusion de nouvelles pratiques rend l’intensité de l’exclusion d’autant plus forte.

Les limites du « Net » sont-elles pour bientôt ?

Les données de l’enquête 2018 du Crédoc apportent plusieurs éléments nouveaux. Premièrement, la part de personnes qui se connecte à l’Internet plafonne depuis trois ans autour de 90 %. Avons-nous atteint un maximum ? Une partie de la population, des plus jeunes et des plus âgés en particulier, n’a pas besoin d’être connectée. Une partie le souhaiterait mais n’en a pas les moyens où ne sait pas comment s’y prendre. Il en est de même pour les pratiques. En 2018, aussi bien les parts de ceux qui ont effectué une démarche administrative (65 %), que de ceux qui ont fait des achats (61 %) ou ont participé à un réseau social (59 %) sont restées stables. Pour les réseaux sociaux, il peut s’agir des « anciens » réseaux de type Facebook ou Twitter, concurrencés par Instagram ou Snapchat notamment, dont les noms ne sont pas ouvertement cités dans l’enquête du Crédoc. En matière de démarches administratives, la complexité de l’usage et les problèmes de confidentialité posent des difficultés à toute une partie des utilisateurs. Enfin, il est difficile de savoir où se situent les frontières du commerce à distance et dans quelle mesure nous avons besoin et envie de voir physiquement les objets, mais aussi celui ou celle qui les vend.

 

Notes:

  1. Définies comme celles qui perçoivent moins de 70 % du revenu médian.