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La fécondité en baisse depuis 2012

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fecondite_conjoncLa fécondité conjoncturelle a atteint 1,9 enfant par femme en 2016. Elle diminue légèrement depuis 2011 où elle atteignait deux enfants par femme et se situe à son niveau du milieu des années 2000. Entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, la fécondité avait nettement progressé en France : elle était passée de 1,65 à deux enfants par femme. Le mouvement de baisse récent (- 0,1 enfant en cinq ans) est trop faible  pour qu’on puisse parler d’inversion de tendance.

La remontée des années 1990 résulte d’abord d’un effet dit de « calendrier ». L’indicateur conjoncturel mesure la fécondité une année donnée, toutes générations confondues. Quand les couples décident de reporter les naissances mais de faire autant d’enfants, l’indicateur diminue dans un premier temps, puis remonte avec la hausse de la fécondité aux âges plus élevés. C’est ce qui s’est passé alors. La diminution actuelle s’interprète de la même façon. En se maintenant à un niveau élevé, le chômage a probablement affecté le calendrier des naissances : une partie des couples ont remis leur projet à plus tard, faute de ressources.

Le niveau de fécondité tient par ailleurs à des facteurs structurels liés à la place des femmes dans la société. Les pays où la fécondité est la plus faible sont ceux où la venue d’un enfant impose le plus souvent aux femmes d’arrêter de travailler. La France est l’un des pays où conjuguer maternité et vie professionnelle est à la fois moins difficile en pratique et le plus valorisé. Les pays où la fécondité est la plus élevée sont ceux où les rôles hommes-femmes se sont rééquilibrés et où les normes traditionnelles de la famille (les femmes doivent s’arrêter de travailler pour élever leurs enfants) sont les moins prégnantes. La politique familiale ne fait qu’accompagner ce processus.

L’indicateur le plus pertinent : la descendance finale

descendance_finale

L’indicateur le plus pertinent pour juger de l’évolution de la fécondité n’est pas l’indice conjoncturel mais la descendance finale, soit le nombre moyen d’enfants mis au monde par une génération donnée de femmes. On ne connaît sa valeur qu’à un âge élevé, quand les femmes n’ont plus qu’une faible probabilité d’avoir des enfants, autour de 45 ans. Aujourd’hui, on dispose de ce chiffre pour les générations nées à la fin des années 1960. Concrètement, les femmes nées en 1969 ont eu en moyenne deux enfants. Ce chiffre ne devrait pas diminuer avant longtemps puisque les femmes nées en 1979 avaient eu à 35 ans davantage d’enfants que la génération 1969.

La descendance finale a beaucoup baissé entre les générations nées au début des années 1930 et celles nées à la fin des années 1940, passant de 2,6 à 2,1 enfants par femme. Elle est ensuite restée assez stable pour les générations nées entre 1947 et 1960. Puis, elle a recommencé à diminuer pour les femmes nées au début des années 1960. Au niveau actuel, la population française reste stable sur le long terme compte tenu d’une faible part d’immigration (voir ci-dessous). Toute la question est de savoir si la fécondité française demeurera une exception en Europe (avec l’Irlande) ou si elle va converger à terme vers 1,7 ou 1,8 enfant en moyenne, comme dans de nombreux pays.

Il n'y a pas "besoin" de 2,1 enfants par femme

Régulièrement, on lit qu'il faudrait 2,1 enfants par femme pour éviter que la population diminue, ce qui est faux. Ce chiffre n'est valable que si l'on ne tient pas compte de l'immigration. Pour que la population stagne, il faut qu'une femme ait au moins une fille en moyenne. Pour que chaque femme ait une fille, il lui faut deux enfants. Mais tous les enfants ne vivront pas jusqu'à l'âge d'avoir des enfants, d'où le 0,1 en plus qui comble l'effet de la mortalité entre 0 et 30 ans environ (c'est même un peu moins aujourd'hui). En pratique, notre pays a toujours connu un apport migratoire et même avec 1,7 ou 1,8 enfant par femme, la population ne diminuerait pas. Il faut d'abord se demander si une baisse de population est vraiment si grave, question polémique dans un pays qui fait une fixation sur sa natalité. En fait, la question de fond qu'il faut se poser est plutôt : les couples ont-ils le nombre d'enfants qu'ils désirent ?
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