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Moins de bébés, plus de décès

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En 2019, on a enregistré 115 000 naissances de plus que de décès. Ce solde – la différence entre les naissances et les décès – est en diminution très nette depuis le milieu des années 2010 où il avait atteint 280 000 personnes. Il se situe à son niveau le plus bas depuis la Seconde guerre mondiale. Il est comparable au niveau des années 1920-1930, pour une population qui était alors de 40 millions contre 67 millions aujourd’hui.

La différence entre les naissances et les décès est baptisée « solde naturel » par les démographes. Elle constitue le moteur « interne » de la population, le moteur externe étant le solde migratoire (les entrées moins les sorties du territoire). Le solde naturel a presque toujours été compris entre + 200 000 et + 250 000 personnes depuis la fin des années 1970. Dans les années 1950 et 1960, il était de l’ordre de + 300 000. La diminution des dernières années résulte d’abord d’une augmentation du nombre de décès liée à l’effet du baby-boom. Les premiers baby-boomers, nés à la fin des années 1940, ont pris de l’âge et décèdent. La baisse du solde naturel est aussi la conséquence d’une baisse du nombre de naissances dans les années récentes, en dépit d’une assez grande stabilité de la fécondité sur le long terme.

Le solde naturel permet de comprendre comment la population évolue si on ne prend pas en compte les relations avec l’extérieur (l’immigration et l’émigration). Son niveau a des conséquences très concrètes. Par exemple, avec 2,2 personnes par logement en moyenne, 110 000 habitants de plus nécessitent la construction de plus de 50 000 logements chaque année. Une augmentation de 75 000 du nombre de naissances requiert en théorie 3 000 classes nouvelles de 25 élèves en moyenne.

La grande angoisse démographique en France serait que le solde naturel devienne négatif : la population diminuerait hors apport migratoire, comme c’est déjà le cas dans un certain nombre de pays européens. Il faut relativiser ce phénomène. On en est encore loin : il faudrait pour cela une chute de la fécondité ou une catastrophe du côté de la mortalité. La progression de la population n’est pas une fin en soi. Plus on est nombreux, plus on consomme des ressources non renouvelables. Ce qui importe ce n’est pas le nombre, mais de savoir si les couples ont les enfants qu’ils désirent et si on vit plus longtemps. Enfin, la population a toujours été alimentée par un apport extérieur sans que cela ne soit insurmontable pour la France. Ce sont souvent les mêmes qui s’inquiètent à la fois de la faiblesse du solde naturel… et de l’importance du solde migratoire.

 

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