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Moins de bébés, plus de décès

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Evolution solde naturelEn 2017, le nombre de naissances a dépassé de 138 000 celui des décès. Ce chiffre est en diminution nette depuis le milieu des années 2010 où il avait atteint 280 000. Le nombre de naissances se situe à son niveau le plus bas depuis la seconde Guerre mondiale.

La différence entre les naissances et les décès, indicateur baptisé « solde naturel » par les démographes, constitue le moteur « interne » de la population, le moteur externe étant le solde migratoire (les entrées moins les sorties du territoire). Le solde naturel a presque toujours été compris entre + 200 000 et + 250 000 habitants depuis la fin des années 1970. Dans les années 1950 et 1960, il était de l’ordre de 300 000. La diminution des dernières années résulte d’abord d’une augmentation du nombre de décès liée à à l’effet du baby-boom. Les premiers baby-boomers, nés à la fin des années 1940 ont pris de l’âge. La baisse du solde naturel est aussi la conséquence plus récente d’une baisse du nombre de naissances.

Le solde naturel permet de comprendre comment la population évolue si on ne prend pas en compte les relations avec l’extérieur (l’immigration et l’émigration). Son niveau a des conséquences très concrètes. Par exemple, avec 2,2 personnes par logement en moyenne, 140 000 habitants de plus nécessitent la construction de plus de 60 000 logements chaque année. Une augmentation de 50 000 du nombre de naissances requiert en théorie 2 000 classes nouvelles de 25 élèves en moyenne.

La grande crainte démographique en France serait que le solde naturel soit négatif : la population diminuerait hors apport migratoire, comme c’est le cas dans un certain nombre de pays européens. Il faut relativiser le phénomène. On en est encore loin : il faudrait pour cela une chute de la fécondité ou une catastrophe du côté de la mortalité. La progression de la population n’est pas une fin en soi. Outre que le nombre pèse sur la consommation des ressources, la question n’est pas d’être plus nombreux mais de savoir si les couples ont les enfants qu’ils désirent et si l’on fait ce qui est possible pour réduire la mortalité. Enfin, la population a toujours été alimentée par un apport extérieur. Il est frappant de constater que ce sont souvent les mêmes qui s’inquiètent à la fois de la faiblesse du solde naturel et de l’importance du solde migratoire.

évolution du solde naturel