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La part de la population vivant en ville plafonne

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part pop urbaine

48,8 millions de personnes – plus des trois quarts de la population – habitent en ville, selon les données 2012 de l’Insee. Depuis 2007, une tendance nouvelle semble se dégager : le plafonnement de la population urbaine. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le processus d’urbanisation de la France s’accélère. La part de la population urbaine passe de 53 % en 1946 à 70 % en 1968 : l’emploi agricole s’écroule sous l’effet de la modernisation et les ruraux viennent grossir la population des villes portées par la progression de l’industrie et des services.

A partir des années 1970, l’urbanisation ralentit : la population urbaine atteint déjà les trois quarts de la population totale au milieu des années 1990. L’immigration (le plus souvent accueillie en ville) est ralentie, la croissance économique se réduit : l’essor de la ville est alors lié au phénomène de périurbanisation qui comble les espaces ruraux en grande périphérie, fait passer des bourgs ruraux au statut de petite ville. Comme le note l’Insee, l’espace urbain grignote d’anciennes communes rurales. L’urbanisation s’étend surtout dans l’Ouest et au Sud-Est de la France.

Depuis le milieu des années 2000, la part de la population urbaine stagne, comme si un plafond avait été atteint. L’économie est passée du ralentissement à la récession, ce qui est peu propice au développement urbain. La définition du territoire urbain ou rural joue. L’urbain est défini ici comme un territoire où le bâti est continu, rassemblant au moins 2 000 habitants, ce qui recoupe des réalités bien différentes, entre une petite ville isolée et le centre-ville des grandes métropoles. Le territoire périurbain se développe, mais dans les années récentes plus par annexion de petites communes isolées que par construction de maisons individuelles en périphérie des villes (voire notre article). L’Insee a construit un autre concept, les « aires urbaines » qui permet de mesurer la dépendance à la ville, en considérant les personnes qui vivent à un endroit mais travaillent dans le périurbain. Avec cet outil, 95 % de la population vit dans un territoire sous influence urbaine. Hormis quelques lieux reculés, le mode de vie « urbain  » (parfois très éloigné des centre-villes) est devenu quasi-hégémonique.

A l’avenir, il est possible que la population urbaine continue à plafonner. C’est moins la part de la population rurale qui va compter que les évolutions au sein des différents types de villes. A avoir presque tout englobé, l’urbain perd de sa valeur explicative. Les villes ont des fonctions différentes suivant qu’elles sont banlieue d’une ville plus grande ou  relativement isolées. L’Insee observe que l’influence des grandes villes continue de s’étendre 1. Les villes moyennes et les régions rurales qui ne sont pas dynamisées par une métropole perdent du terrain et ces métropoles, elles, s’agrandissent 2. L’une des questions majeures est de savoir si l’habitat va se densifier ou continuer à s’étendre, ce qui consomme de l’espace et entraîne le développement de l’usage de l’automobile. De nouveaux travaux de l’Insee, publiés début 2015, mesurent justement la répartition de la population en fonction de la densité de population, un élément clé pour comprendre le territoire 3. Les 33 000 communes peu ou très peu denses rassembleraient un tiers des habitants du pays avec une densité moyenne inférieure à 64 habitants au km2. Les 609 communes les plus densément peuplées (plus de 2 969 hab./km2) regroupent, elles aussi, un gros tiers de la population.

Notes:

  1. “Trente ans de démographie des territoires”, Insee première n°1483, Insee, Janvier 2014.
  2. Voir aussi notre article “La France qui se peuple et qui se dépeuple“.
  3. Voir “Une nouvelle approche sur les espaces à faible et forte densité“, Insee, La France et ses territoires. coll. Insee référence, éd. 2015.