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La population française continue de s’accroître

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La population française de métropole, qui était restée stable au cours de la première moitié du XXe siècle, est passée de 40 à 64,5 millions de personnes entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 2016, une hausse de 60 %. La progression se fait dans les années récentes à un rythme plus modéré, en 2015, l’augmentation annuelle est pour la première fois passée sous la barre des 250 000 personnes. Au cours des dix dernières années la France a tout de même gagné 3,1 millions d’habitants supplémentaires.

Le dynamisme démographique français est lié à trois principaux facteurs. La fécondité a moins baissé en France que dans d’autres pays. Elle a atteint 1,65 enfant par femme en 1993 et a remonté ensuite pour atteindre deux enfants. Elle est quasiment stable à ce niveau depuis 2006 même si elle baisse un peu ces dernières années. En même temps, sauf en 2015, l’espérance de vie à la naissance a progressé au rythme d’environ un trimestre par an selon les années : la France est l’un des pays où l’on vit le plus longtemps au monde. Le solde migratoire s’est réduit, mais l’immigration apporte environ 60 000 personnes supplémentaires (les entrées moins les sorties) par an.

Quels effets ?

Une population en hausse ou en baisse n’est ni bien ni mal. Il faut surtout se poser la question de savoir si les couples peuvent mettre au monde la descendance qu’ils souhaitent (pour la fécondité), si l’on dispose d’un système de santé de qualité (espérance de vie) et si notre pays a une politique d’accueil des migrants conforme à ses valeurs et au droit international (immigration). En revanche, l’évolution de la population a un grand nombre de conséquences. Tout d’abord, elle consomme de l’espace, des ressources, de l’énergie, etc. Concrètement, pour loger les trois millions d’habitants supplémentaire que notre pays a enregistré depuis dix ans, il aura fallu bâtir environ 1,3 million de logements. La France ne manque pas de place, mais la densité l’habitat a un impact élevé. L’habitat pavillonnaire périurbain consomme beaucoup plus d’espace et de ressources (chauffage, déplacements, etc.) que les immeubles de centre-ville.

L’augmentation de la population impose aussi de nouvelles infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, etc.) dont il faut financer les investissements sur le long terme. L’effet en matière d’emploi à long terme est difficile à déterminer : plus d’actifs, c’est aussi plus de consommation, d’activité et donc d’emploi. Reste la structure par âge : le vieillissement est souvent dramatisé, mais il pose un problème en matière de financement des retraites.

Il est intéressant de noter qu’à long terme les comportements démographiques actuels, prolongés, tendent à une stabilisation de la population, sans doute entre 75 et 80 millions d’habitants. La fécondité assure le remplacement à l’identique avec une dose d’immigration qui reste modeste. Rien n’indique que cette situation ne durera à l’infini, mais l’entrée dans une sorte d’ère de la stabilisation de la population n’est pas à écarter, ce qui serait plutôt positif en termes de ressources naturelles, à condition que l’on aille vers des comportements de consommation plus vertueux dans ce domaine.