Le Compas comparateurterritoires.fr Futuribles

D’où viennent les immigrés ?

Imprimer

Depuis un siècle et demi, le niveau de développement économique de la France et ses liens avec ses anciennes colonies, en font une terre d’immigration. Au fil de notre Histoire, un très grand nombre de nationalités se sont établies sur notre sol, en provenance d’Europe, d’Afrique ou d’Asie notamment.

Parmi les 5,6 millions d’immigrés présents aujourd’hui dans l’Hexagone, deux millions sont venus d’Europe, soit 37 % (données 2011). Les Portugais sont les plus représentés (près de 600 000 personnes), loin devant les Italiens (300 000) et les Espagnols (245 000). Historiquement, la vague migratoire la plus importante en France est venue d’Italie. A son niveau le plus élevé, dans les années 1930, les italiens représentent 20 habitants pour 1000 (ou 2 %), ce qu’aucune autre nationalité n’a jamais atteint. L’immigration espagnole est plus tardive. Elle connaît un premier pic dans les années 1920, puis un second à la fin des années 1960. L’immigration portugaise se développe très nettement dans les années 1970.

2,3 millions d’immigrés viennent d’Afrique (43 % du total), le plus souvent du Maghreb, notamment du Maroc (660 000) et d’Algérie (720 000). Une immigration déjà assez ancienne, au plus haut dans les années 1970 et 1980. L’immigration d’Afrique sub-saharienne reste modeste mais augmente à partir des années 1980. 770 000 immigrés viennent d’Asie (14 % du total), dont 250 000 de Turquie, migration qui s’est accrue à partir des années 1970.

L’immigration en provenance des pays “riches” d’Europe n’est pas négligeable. 390 000 personnes viennent d’Allemagne, de Belgique et du Royaume-Uni. 36 000 immigrés sont venus des Etats-Unis. “L’exil fiscal” des Français est très médiatisé, mais notre pays attire aussi un grand nombre d’actifs et de retraités aisés qui viennent s’y établir.

Activité économique

Historiquement, l’évolution des migrations est liée aux besoins de l’activité économique. L’agriculture française, l’industrie automobile, le bâtiment et les travaux publics ou les mines n’auraient jamais pu se développer sans immigrés. Manquant de bras, la France est allée chercher de la main d’oeuvre dès les années 1920 avec la Société générale d’immigration (société privée) et à partir de 1945 via l’Office national de l’immigration (public). Au départ, il s’agit surtout d’Italiens, de Polonais ou d’Espagnols. Dans les années 1950 à 1970 la France se tourne vers le Maghreb pour se reconstruire et faire tourner la machine économique en plein boom des Trente glorieuses. L’essor des industries agroalimentaire et automobile françaises notamment n’a été possible que par l’arrivée de ces migrants.

Depuis le milieu des années 1970, la part de l’immigration européenne avait tendance à se réduire. La proportion d’immigrés nés dans l’Union européenne est ainsi passée de 63 % à 34 % entre 1975 et 2008. Depuis la fin des années 2000, on assiste à un changement : l’immigration européenne progresse, avec un retour de l’immigration portugaise, espagnole et italienne 1. En 2012, 46 % des immigrés entrés sur le sol français étaient originaires d’Europe. L’impact migratoire de la crise humanitaire que connaît une partie des pays du pourtour méditerranéen depuis quelques année n’est pas encore visible dans les données de l’Insee. Il devrait à nouveau modifier cette répartition de l’origine des immigrés, même si la France reste un pays peu accueillant par rapport à ses voisins européens.

 

Notes:

  1. Voir “Les immigrés récemment arrivés en France”, Insee première n°1524, novembre 2014