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Un siècle d’évolution du nombre d’étrangers et d’immigrés en France

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Les années 1920 sont celles où la part des immigrés 1 a le plus augmenté en France. Elle a été multipliée par deux, de 3 à 7 %. Une partie de nos voisins (italiens et espagnols en particulier) fuient la misère et la France a un besoin considérable de bras pour combler les énormes pertes humaines dues à la Première Guerre mondiale 2. Rapidement, une partie retourne ou est renvoyée chez elle, si bien qu’en 1946 la France ne compte plus que 5 % d’immigrés. Leur part a augmenté de façon relativement constante dans l’après-guerre jusqu’au début des années 1970 où elle atteint à nouveau 7 %. La France a une fois de plus besoin de forces vives pour alimenter la machine économique, c’est l’époque des « Trente Glorieuses ».

L’arrêt de l’immigration de travail stabilise la part des immigrés jusqu’à la fin des années 1990. Mais à partir des années 2000, la conjonction de crises en Europe et autour du bassin méditerranéen conduit à une nouvelle arrivée d’immigrés. Leur part atteint 9,7 % de la population en 2018. Si le solde migratoire reste stable, c’est que l’émigration (les Français qui partent à l’étranger) s’accroît aussi. Deux effets jouent de façon complémentaire. D’un côté, la persistance d’écarts énormes de niveaux de vie entre les pays et la permanence de conflits armés conduisent à une hausse des migrations internationales. De l’autre, la mondialisation fait que l’on circule de plus en plus pour les études, une mobilité professionnelle, rejoindre un conjoint étranger, etc. La France demeure un pays peu accueillant en regard des autres pays riches, mais la progression de la part des immigrés a un impact sur notre démographie.

L’évolution de la part des étrangers dans la population connaît quant à elle des mouvements d’oscillation autour de 6 %. Les années 1930-1940, puis 1980-1990, sont marquées par une baisse assez nette de leur importance dans la population totale. Ce phénomène peut résulter d’une naturalisation (environ 115 000 par an actuellement) ou d’un retour dans le pays d’origine. À leur majorité, une partie des jeunes nés de parents étrangers opte pour la nationalité française. Une partie des étrangers quittent la France faute d’avoir pu s’y installer plus durablement et, certains, au moment de la retraite.

Au-delà des fluctuations, la France est de longue date un pays d’immigration, notamment parce que dès la fin du XVIIIe siècle sa natalité a été plus faible qu’ailleurs. Plus tard dans son histoire, notre pays a fait appel en masse aux étrangers pour contribuer à l’effort économique. On ne traite pas les êtres humains comme des marchandises : en période de ralentissement économique, la plupart des personnes qui ont migré de longue date ne retournent pas dans leur pays d’origine et s’intègrent au fil du temps dans le pays d’installation.

Notes:

  1. Pour lire la définition d’immigré et d’étranger.
  2. Lire aussi notre article sur l’origine des immigrés.
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