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L’évolution du nombre d’étrangers et d’immigrés en France

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La présence des immigrés en France a surtout progressé dans les années 1910-1920 : la part des immigrés est alors multipliée par deux, de 3 à 7 %. Une partie de nos voisins (italiens et espagnols en particulier) fuient la misère et la France a besoin de bras pour combler les pertes humaines énormes dues à la Première Guerre mondiale 1. Mais rapidement ensuite une partie retourne ou est renvoyée chez elle, si bien qu’en 1946 on ne compte plus que 5 % d’immigrés en France. Leur part a augmenté de façon relativement constante dans l’après guerre jusqu’au début des années 1970 où elle atteint à nouveau 7 %. La France a à nouveau besoin de forces vives pour alimenter la machine économique, c’est les « Trente Glorieuses ».

L’arrêt de l’immigration de travail stabilise la part des immigrés jusqu’à la fin des années 1990. Mais à partir des années 2000, la conjonction de crises en Europe et autour du bassin méditerranéen conduit à une nouvelle arrivée d’immigrés. Leur part atteint 9,3 % de la population en 2015. Si le solde migratoire reste stable, c’est que l’émigration (les Français qui partent à l’étranger) s’accroît aussi. La mondialisation (circulation de l’information, moyens de transports, études à l’étranger, mobilité professionnelle internationale, etc.), la persistance d’écarts énormes de niveaux de vie entre les pays et la permanence de conflits armés conduisent à une hausse des migrations internationales. Même si la France est un pays peu accueillant en regard des autres pays du monde, cette progression a un impact sur notre démographie.

L’évolution de la part des étrangers dans la population connaît quand à elle des mouvements d’oscillation autour de 6 % de l’ensemble de la population. Les années 1930-1940, puis 1980-1990, sont marquées par une baisse assez nette de leur importance dans la population totale. Ce phénomène peut résulter d’une naturalisation (environ 50 000 par an actuellement) ou d’un retour au pays d’origine. Une partie des étrangers quittent la France faute d’avoir pu s’y installer plus durablement et, certains, au moment de la retraite.

Au-delà des fluctuations, la France est de longue date un pays d’immigration, notamment parce que dès la fin du XVIIIe siècle sa natalité a été plus faible qu’ailleurs. Plus tard dans son histoire, notre pays a fait appel en masse aux étrangers pour contribuer à l’effort économique. Mais on ne traite pas les êtres humains comme des marchandises : en période de ralentissement économique, la plupart des personnes qui ont migré de longue date ne retournent pas dans leur pays d’origine et s’intègrent au fil du temps dans le pays d’installation.

Notes:

  1. Lire aussi notre article sur l’origine des immigrés.
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