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La baisse de la taille des ménages va-t-elle s’interrompre ?

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taille ménage

La taille des ménages continue à diminuer, mais de moins en moins vite, selon l’Insee. L’indicateur a fortement baissé, de 3,1 à 2,3 personnes par ménage, entre la fin des années 1960 et le milieu des années 2000. Depuis 2009, il n’a diminué que de 0,02.

En quoi la taille des ménages est-elle un indicateur important ? Un ménage, dans la statistique française, est une unité de logement indépendante. Moins vous avez de personnes par logement, plus il vous faut de logements pour une population donnée. Entre 1999 et 2013, le nombre de ménages a augmenté de 4,2 millions (+17 %) mais l’Insee estime que la moitié de cette hausse résulte de la réduction de la taille des ménages 1.  Avec 2,9 personnes par ménage (comme en 1975), la population actuelle (63 millions de personnes) aurait besoin de 22 millions de logements. A 2,3 personnes par ménage, il en faut 27,5 millions, 5,5 millions de plus. La baisse du nombre moyen de personnes par ménage, donc par logement, est l’un des éléments qui a alimenté la demande en logements. L’arrêt de cette baisse pourrait avoir un effet favorable, si l’offre de logements ne fléchit pas.

Plusieurs facteurs ont poussé  à la baisse. Vers la cinquantaine, s’amorce le départ des enfants : les ménages âgés sont de taille réduite et leur part dans la population s’accroît avec l’allongement de la vie. Une fois quitté le domicile familial, les jeunes attendent plus longtemps pour former un couple. Des couples qui, par la suite, se défont plus souvent qu’autrefois. La part des personnes seules a progressé dans la population. La taille moyenne des familles diminue. Au total, la proportion de ménages d’une seule personne est passée d’un cinquième à un tiers du total entre les années 1960 et les années 2000. Dans le même temps, celle des ménages de trois personnes s’est réduite de 20 à 15 % et  la proportion de ceux de six personnes ou plus s’est effondrée de 10 à 1,7 %.

Un changement depuis 10 ans

Depuis dix ans, ces facteurs jouent moins. La vie en solo semble se stabiliser. Le taux de divorce 2 n’augmente plus. De plus en plus de jeunes ont du mal à accéder rapidement à un logement autonome avec un seul revenu. Beaucoup doivent se contenter de rester chez leurs parents ou de vivre en colocation. La taille des familles se stabilise. Au bout du compte, la baisse du nombre de personnes par ménage est beaucoup moins nette depuis 2007.

Cette stabilisation pourrait avoir un effet très positif sur la demande de logements, mais elle ne règlera pas tout, loin s’en faut. Le déficit de logements accumulé lors des dernières décennies est grand, en particulier pour accueillir les jeunes ménages. Le rythme de la construction de logements reste insuffisant et la part de logements vacants progresse fortement. Un grand nombre de jeunes sont contraints de vivre chez leurs parents : une amélioration de la situation de l’emploi pourrait les amener à chercher à prendre leur autonomie.

 

 

Notes:

  1. «Des ménages toujours plus nombreux, toujours plus petits », Fabienne Daguet, Insee Première n°1663, août 2017.
  2. Nombre de divorces pour 1 000 couples mariés.