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La baisse du nombre d’allocataires de minima sociaux s’interrompt

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La baisse du nombre d’allocataires du RSA est stoppée depuis les premiers mois de 2017. Début 2018, on a même assisté à une légère augmentation. Pourtant, le retournement de la courbe, enregistré fin 2015, était assez net. Le nombre de ménages allocataires du RSA avait en effet diminué de 90 000 au cours de l’année 2016 (- 5 %). Vivons-nous une simple pause avant une nouvelle amélioration ? Difficile à dire pour l’instant. L’évolution favorable de l’emploi à partir de 2015 a eu un impact sur le nombre de titulaires des minima sociaux. La variation du nombre de chômeurs s’est répercutée après un délai sur le celui des allocataires du RSA. Aujourd’hui, le moteur semble grippé, ce qui est mauvais signe. La panne date de début 2017, mais la suppression de très nombreux contrats aidés à l’automne 2017 n’a pas arrangé les choses. Les incertitudes actuelles sur la croissance ne portent pas à l’optimisme.

Quel impact sur le nombre total d’allocataires ?

Le nombre total d’allocataires – toutes formes de minima confondues –  est connu avec un an de retard. Il a fortement progressé dans les années 2010 et semble se stabiliser depuis 2015. Jusqu’à la fin des années 2000, hormis la phase de montée en puissance du revenu minimum d’insertion au début des années 1990, ce nombre stagnait autour de trois millions. La hausse de la pauvreté des adultes était compensée par la baisse de celle des plus âgés, allocataires du minimum vieillesse ou veuvage. Ce dernier phénomène était lui-même lié à l’amélioration des niveaux de retraite résultant de l’élévation du taux d’activité des femmes.

Depuis le milieu des années 2000, la compensation joue beaucoup moins : le nombre de titulaires du minimum vieillesse ne diminue guère, comme s’il atteignait un plancher. Les carrières professionnelles des femmes continuent à s’améliorer, mais de plus en plus de personnes arrivent à l’âge de la retraite avec des pensions amputées par les effets de la crise (inactivité, chômage, temps partiel subi, etc.). De son côté, le nombre de titulaires de l’allocation adulte handicapé s’est accru de 30 % au cours des dix dernières années, ce qui s’explique par sa revalorisation mais peut aussi refléter un retrait du marché du travail de personnes marquées physiquement. Au total, le nombre total d’allocataires de minima sociaux a grimpé de 3 à 3,8 millions entre 2003 et 2014 (+25 %), puis s’est stabilisé à partir de 2015. En 2016, à périmètre comparable, le nombre global d’allocataires a diminué, ce qui est une première en dix ans. Faute de redémarrage conséquent de l’activité économique, on reste cependant loin d’une amélioration en profondeur. Selon des données provisoires, l’année 2017 devrait être marquée par une nouvelle baisse d’ampleur modérée, la diminution du nombre d’allocataires du RSA et de l’allocation pour les chômeurs en fin de droits étant partiellement compensée par la progression continue des titulaires de l’allocation adulte handicapé.

 

 

 

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