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Le nombre d’allocataires du RSA ne baisse plus depuis deux ans

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Le nombre d’allocataires du RSA ne diminue plus depuis les premiers mois de 2017. Fin mars 2019, 1,84 million de foyers touchaient cette prestation, autant que deux ans auparavant. Pourtant, le retournement de la courbe, enregistré fin 2015, était assez net. Le nombre de ménages allocataires du RSA avait diminué de 80 000 au cours de l’année 2016 (- 5 %).

L’évolution favorable de l’emploi à partir de 2015 a eu un impact sur le nombre de titulaires des minima sociaux. La diminution du nombre de chômeurs s’est répercutée après un délai de quelques mois sur celui des allocataires du RSA. Aujourd’hui, le moteur semble grippé, ce qui est mauvais signe. La panne date de début 2017, mais la suppression de très nombreux contrats aidés à l’automne 2017 n’a pas arrangé les choses. La faible croissance actuelle profite peu aux moins bien lotis.

Le nombre total d’allocataires de minima sociaux se stabilise

Le nombre total d’allocataires – tous minima confondus – a fortement progressé dans les années 2010 et semble se stabiliser depuis 2015. Cette évolution résulte de la variation de composantes très différentes : principalement du RSA (personnes pauvres de plus de 25 ans), de l’allocation de solidarité spécifique (chômeurs en fin de droits), de l’allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse.

Jusqu’à la fin des années 2000, hormis la phase de montée en puissance du revenu minimum d’insertion au début des années 1990, le nombre total de foyers allocataires de minima sociaux stagnait autour de trois millions. La hausse de la pauvreté des adultes (RMI puis RSA) était compensée par la baisse de celle des plus âgés (minimum vieillesse ou veuvage). La réduction du nombre de personnes âgées pauvres était liée notamment à l’amélioration du niveau de retraite des femmes, du fait de la hausse de leur taux d’activité depuis les années 1970.

Depuis le milieu des années 2000, le nombre d’allocataires du minimum vieillesse semble avoir atteint un plancher. Les carrières professionnelles des femmes continuent à s’améliorer (elles sont moins nombreuses à toucher le minimum vieillesse), mais de plus en plus de salariés (femmes ou hommes) arrivent à l’âge de la retraite avec des pensions amputées par les effets de la crise (inactivité, chômage, temps partiel subi, etc.). Le nombre de ceux qui touchent l’allocation de solidarité spécifique reste stable. En revanche, le nombre de bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé s’est accru de 40 % au cours des dix dernières années, dépassant le million. Ceci s’explique notamment par sa revalorisation, mais peut aussi refléter un retrait du marché du travail de personnes marquées physiquement. Enfin, au cours des dix dernières années (2007-2017), le nombre d’allocataires du RMI, puis du RSA, a quant à lui grimpé de près de 40 %.

Au total, le nombre d’allocataires de minima sociaux s’est accru de 3 à 3,8 millions entre 2008 et 2015 (+ 25 %), puis s’est stabilisé à ce niveau jusqu’en 2017, faute de redémarrage conséquent de l’activité économique. Compte tenu de l’absence de reprise depuis 2017, ce nombre n’a probablement pas varié en 2018 et 2019. Il faudrait un mouvement de beaucoup plus grande ampleur pour modifier la donne.