Le Compas comparateurterritoires.fr Futuribles

Une précarité énergétique qui diminue

Imprimer

La précarité énergétique touche un peu moins de 12 % des ménages, ce qui représente 6,7 millions de personnes, selon les données 2018 de l’Observatoire de la précarité énergétique (ONPE). L’organisme considère comme précaires ceux qui figurent parmi les 30 % les plus pauvres et consacrent plus de 8 % de leur budget à l’énergie (chauffage et éclairage notamment). Le taux de précarité énergétique a diminué de trois points entre 2013 et 2018, de 14,5 % à 11,7 %. Si l’on corrige ces données des conditions météo, la diminution est moindre : le taux serait passé de 13,8 % en 2013 à 12,4 % en 2018. Pour l’ONPE, cette évolution est liée au renouvellement du parc de logement et à l’effet des rénovations : les nouveaux logements qui sortent de terre sont de mieux en mieux isolés du froid. On notera toutefois une progression en 2018 de l’indice qui tient compte de la météo, liée pour l’organisme à la progression des prix de l’énergie.

L’ONPE interroge les ménages sur les enjeux liés à l’énergie. Globalement, 15 % des ménages disent avoir souffert du froid durant l’hiver 2018-2019, principalement à cause d’une mauvaise isolation (40 %), d’une panne de chauffage (24 %) ou d’une installation de chauffage insuffisante (20 %). 7 % indiquent des raisons financières. En 2019, un dixième de la population notait avoir rencontré des difficultés pour payer certaines factures d’énergie contre 15 % en 2013. Un tiers des ménages disent avoir restreint le chauffage pour ne pas avoir de factures trop élevées, contre 45 % en 2013.

La précarité énergétique est pour beaucoup liée au prix de l’énergie. Entre 2009 et 2016, les prix du gaz et du fioul ont peu progressé, mais ils sont repartis à la hausse entre 2016 et 2018. En revanche, le prix de l’électricité a fait un bond de 12 à 17 euros pour 100 kWh (euros constants) de 2009 à 2018 ce qui a pesé sur le pouvoir d’achat des ménages. En moyenne, les dépenses des ménages liées à l’énergie s’élèvent à 2 900 euros par an (donnée 2017), dont 1 400 euros pour le carburant et 1 500 euros pour le logement (éclairage et chauffage). Chaque année, un peu moins de 600 000 ménages font l’objet d’une coupure ou d’une limitation de puissance suite à un impayé de facture de gaz ou d’électricité.