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La précarité énergétique diminue

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La précarité énergétique touche 12 % des ménages, ce qui représente 6,7 millions de personnes, selon les données 2019 de l’Observatoire de la précarité énergétique (ONPE). L’organisme considère comme précaires ceux qui figurent parmi les 30 % les plus pauvres et qui consacrent plus de 8 % de leur budget à l’énergie (chauffage et éclairage notamment). Le taux de précarité énergétique a diminué de 2,5 points entre 2013 et 2019, de 14,5 % à 11,9 %. Si l’on corrige ces données des conditions météo, la diminution est moindre : le taux serait passé de 13,7 % en 2013 à 12,5 % en 2019. Pour l’ONPE, cette évolution est liée au renouvellement du parc de logement et à l’effet des rénovations : les nouveaux logements qui sortent de terre sont de mieux en mieux isolés du froid. On notera toutefois que depuis 2016, l’indice qui tient compte de la météo a augmenté, hausse liée pour l’organisme à la progression des prix de l’énergie.

L’ONPE interroge les ménages sur les enjeux liés à l’énergie. Globalement, 14 % des ménages disent avoir souffert du froid durant l’hiver 2019-2020 (niveau identique à 2018 et 2019). Principalement à cause d’une mauvaise isolation (41 %), d’une installation de chauffage insuffisante (24 %) ou d’une panne de chauffage (21 %). 31 % indiquent des raisons financières. En 2020 1, 18 % de la population notait avoir rencontré des difficultés dans l’année pour payer certaines factures d’énergie contre 10 % en 2013. 53 % des ménages disent avoir restreint leur chauffage pour ne pas avoir de factures trop élevées, contre un tiers l’année précédente.

En moyenne, les dépenses des ménages liées à l’énergie s’élèvent à 3 140 euros par an (donnée 2019), dont 1 540 euros pour le carburant et 1 600 euros pour le logement (éclairage et chauffage). Cette dépense fluctue : elle se situe à son niveau de 2012, après avoir diminué entre 2012 et 2016. Chaque année, un peu moins de 600 000 ménages font l’objet d’une coupure ou d’une limitation de puissance suite à un impayé de facture de gaz (120 000) et surtout d’électricité (480 000). Selon la Commission de régulation de l’énergie, la facture annuelle moyenne d’électricité pour un client au tarif de base a augmenté de près de 10 % entre août 2018 et août 2020 2. En revanche, la facture de chauffage au gaz aurait baissé de 23 % en moyenne entre début 2019 et l’été 2020.

Il est trop tôt pour mesurer l’impact de la crise actuelle sur la précarité énergétique. Des mesures de soutien ont été prises, mais les conséquences vont être doubles. D’un côté, certains ménages vont voir leurs revenus diminuer : perte d’emploi pour les salariés et arrêt d’activité pour une partie des indépendants. De l’autre, les périodes de confinement durant l’hiver entraînent une hausse des dépenses de chauffage très nette. La facture va s’alourdir notamment pour ceux qui disposent des logements les moins bien isolés et d’une installation de chauffage individuel de mauvaise qualité. Le taux de précarité énergétique va très probablement augmenter, mais aussi l’intensité de cette précarité pour ceux qui sont les plus en difficulté.

 

 

Notes:

  1. Enquête menée en juin 2020, sur la période de juillet 2019 à juin 2020. Un changement de méthode a été opéré ce qui peut avoir un impact sur les données.
  2. Voir Les marchés de détail de l’électricité et du gaz naturel, Observatoire de la Commission de régulation de l’énergie, 3e trimestre 2020.