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De plus en plus de familles recomposées

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720 000 familles, soit 9,3 % de l’ensemble, sont recomposées, selon les données 2011 de l’Insee. Ces familles rassemblent 1,5 million d’enfants, soit un peu plus d’un enfant sur dix, alors que 18 % vivent dans une famille monoparentale et 71 % dans une famille que l’Insee appelle « traditionnelle », c’est-à-dire composée des deux parents et sans demi-frères et sœurs.

Les familles recomposées sont à géométrie variable. Dans les deux tiers des cas, les enfants vivent avec l’un de leur parent et un beau-parent : le couple s’est séparé puis recomposé. La moitié des enfants des familles recomposées vivent avec leur mère et son nouveau conjoint, 14 % avec leur père et sa nouvelle conjointe. Un déséquilibre qui résulte du fait que les pères demandent beaucoup plus rarement la garde des enfants que les mères suite à une séparation. Le tiers restant sont des enfants qui vivent avec leurs deux parents et des demi-frères ou sœurs d’une précédente union.

 

Il n’est pas simple de savoir comment évolue le nombre de familles recomposées et le nombre d’enfants qui vivent en leur sein : l’Insee change périodiquement de référence en publiant tantôt des données sur les familles avec enfants de moins de 25 ans, tantôt avec des enfants mineurs 1. A partir de sources différentes, nous avons recomposé une série : la proportion des enfants vivant dans une famille recomposée a doublé en 20 ans entre 1990 et 2010, de 5 à 10 %. Le nombre d’enfants concernés est passé de 750 000 à 1,5 million et le nombre de familles de 500 à 720 000.

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Quelle place pour les beaux-parents ?
La question de la place des beaux-parents (environ 700 000) revient régulièrement dans le débat public. La question est difficile à régler pour le législateur. Il semble logique d’accorder des droits à des adultes qui sans être biologiquement liés aux enfants les prennent en charge au quotidien, parfois davantage que le parent biologique (souvent le cas des belles-mères). Toute la difficulté est que, même séparé, l’enfant a – dans l’immense majorité des cas – encore un autre parent qui dispose de l’autorité parentale et qui est légitime à l’exercer. L’affaire est encore plus complexe en cas de difficulté relationnelle entre les deux anciens conjoints, ce qui n’est pas rare. L’idée de renforcer les droits du beau-parent de façon formelle risque de faire long-feu : soit l’acte n’est pas d’une grande importance (accompagner un enfant à l’école par exemple) et il n’est pas besoin de légiférer, soit l’acte est décisif (décider de son orientation scolaire par exemple), et l’on voit mal l’un des parents accepter qu’un tiers intervienne dans la plupart des cas.

 

Notes:

  1. Sur ce sujet voir « Les familles recomposées », Julien Damon, Que sais-je, Puf, 2012.