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Les zones urbaines sensibles aux premières loges de la crise

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Avec 23,2 %, le taux de chômage des zones urbaines sensibles est 2,5 fois supérieur à celui des zones hors Zus des villes 1 qui en comprennent une (9,3 %), selon les données 2013 du rapport de l'Onzus 2. Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 42,1 % en moyenne, contre 22,6 % hors Zus, presque deux fois plus. Les jeunes sans diplôme de ces quartiers qui se portent sur le marché du travail connaissent massivement le chômage ou la précarité. L'origine sociale, le faible niveau de diplôme, le manque de réseau social ou l'interdiction pour les étrangers de très nombreux emplois publics sont les principales explications de cette situation.

Trois fois plus de pauvres

Le revenu annuel moyen par unité de consommation 3 est deux fois moindre dans les zones urbaines sensibles : 12 700 euros en 2010, contre 23 700 pour le reste des villes comprenant une Zus. Le taux de pauvreté au seuil de 60 % atteint 38,4 %, trois fois plus que pour le reste du pays. Le taux de pauvreté à 40 %, atteint 10,1 % contre 3,1 %.

Forte hausse du chômage et de la pauvreté

Au cours des années 1990 et jusqu'au milieu des années 2000, la situation des Zus s'était sensiblement dégradée par rapport à la moyenne nationale. En revanche, entre 2005 et 2008-2009, on avait assisté à une réduction des écarts. Le taux de chômage a baissé de 20 à 18,6 % entre 2005 et 2009 dans les Zus, alors qu’il augmentait (de 8,7 à 9,2 %) pour le reste des agglomérations. Le taux de pauvreté a diminué de près de deux points entre 2006 et 2008, alors qu’il s’accroissait ailleurs. Il n'y a donc pas de fatalité à la ségrégation.

Mais la situation s'est à nouveau dégradée à partir de 2008. Entre 2008 et 2013, le taux de chômage y est passé de 16,7 % à 23,2 %, alors qu'il augmentait de 7,6 % à 9,3 % dans les autres quartiers des villes comprenant une Zus : + 6,5 points d'un côté et +1,7 point de l'autre. Entre 2006 et 2012, le taux de pauvreté à 60 % s'est accru de 30,5 % à 38,4 % (+7,9 points) dans les Zus, alors que pour le reste de la France il est quasiment resté stable, passant de 11,9 % à 12,2 % (+0,2 point).

La dégradation de la situation économique et sociale des Zus s'explique facilement : la crise touche les populations les moins qualifiées, les jeunes et les populations de nationalité étrangère. Trois catégories qui, par définition, sont sur-représentées dans ces quartiers. Ce n'est pas tant le territoire en tant que tel qui a un effet – l'effet de discrimination lié à l'adresse reste marginal – en regard de la composition sociale de la population.

Ces données moyennes pour l'ensemble des Zus masquent cependant des écarts importants entre quartiers. Un dixième des Zus ont un niveau de vie médian annuel par personne inférieur à 7407 euros, deux fois moins que les 10 % des Zus où le niveau de vie médian est le plus élevé (données 2011). Dans tous les cas, il s'agit de quartiers où vivent des populations modestes, mais certains sont particulièrement frappés par la crise. Aux inégalités entre les Zus et le reste des villes se joignent des inégalités entre Zus elles-mêmes.

 

Notes:

  1. Plus exactement les "unités urbaines"
  2. Il s'agit du dernier rapport de la structure, qui devient l'Observatoire national de la politique de la ville.
  3. L'équivalent d'une personne.