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Le chômage baisse lentement

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La principale phase de hausse du chômage en France a eu lieu entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1980. Les Trente glorieuses sont terminées, la croissance s’affaiblit et le développement de l’emploi dans les services ne compense pas le déclin de ceux de l’industrie. Le nombre de chômeurs (selon la définition du Bureau international du travail) passe alors de 700 000 à 2,2 millions, le taux de chômage est multiplié par trois de 3 à 9 %. Depuis, le chômage fluctue autour de ce niveau. Les phases de diminution peuvent être importantes, comme entre 1997 et 2001, ou 2006 et 2008. A chaque fois, le chômage remonte au bout de quelque temps. La récession économique qui suit la crise financière de 2008 a conduit le taux de chômage vers de nouveaux sommets. Mi-2015, le taux atteint 10 % et l’on compte 2,9 millions de chômeurs, selon l’Insee, un record historique.

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La reprise tarde

Le taux de chômage, qui était tombé sous la barre des 7 % en 2008, a atteint les 10 % dès le début de 2013. Depuis 2015, il a légèrement baissé, de 10,2 à 9,7 % fin 2016. Ces données, mesurées selon la définition du Bureau international du travail, minimisent l’impact du manque d’emplois, car il suffit d’avoir travaillé une heure dans la semaine pour ne pas être compté comme chômeur. Le développement d’emplois très précaire fait donc baisser le chômage artificiellement. Le nombre de demandeurs d’emploi (catégories A, B et C) enregistrés par Pôle emploi est passé de 3 à 5,4 millions entre 2008 et 2015, une hausse de 75 %. Depuis, il stagne.

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Peut-on toujours parler de crise ?

Une inversion de situation ne pourrait venir que d’une phase de croissance vigoureuse et durable. Même la forte reprise des années 1997 à 2011 a été insuffisante pour revenir au plein emploi. On ne peut plus parler de « crise » pour un déséquilibre qui dure depuis 30 ans. La crainte actuelle est qu’un nouveau fléchissement de la croissance porte le nombre de chômeurs vers des niveaux inconnus jusqu’à présent.

Les données globales ne décrivent qu’une partie du phénomène. La situation des jeunes, des non-diplômés, ou de certains territoires est bien plus difficile que ne le disent les moyennes, avec des taux de chômage qui dépassent les 20 ou 30 %. Dans les années récentes, le chômage des plus âgés aussi a vivement progressé. Par ailleurs, le chômage demeure à un niveau élevé depuis un quart de siècle. Du coup, la part des actifs qui ont été demandeurs d’emploi au moins une fois dans leur vie, même s’ils ont retrouvé un emploi, s’est considérablement accrue. Ce passage par la case chômage se traduit souvent par une perte de niveau de vie voire un déclassement social. Le manque d’emplois appose progressivement sa marque dans la société française. Il rend particulièrement difficile l’insertion des jeunes générations, attise la concurrence entre salariés et fragilise les horizons de vie.

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