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L’état du « mal-emploi » en France

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Officiellement, la France compte 2,9 millions de chômeurs, soit un dixième de la population active, d’après l’Insee (données 2015). Ce chiffre est très restrictif. Bien davantage de personnes demeurent exclues de l’emploi et encore plus de l’emploi de qualité. Les critères élaborés par le Bureau international du travail sont très limitatifs : il suffit d’avoir travaillé une heure dans la semaine de l’enquête pour ne pas être comptabilisé comme chômeur. Si vous êtes sans activité, il faut être disponible dans les 15 jours pour reprendre un travail.

Parmi les personnes dites « inactives » (qui n’occupent pas d’emploi ou n’en cherchent pas officiellement), on compte des élèves et des retraités mais aussi des personnes qui ont abandonné leur recherche d’une activité professionnelle découragées par les difficultés à trouver un emploi, les bas salaires, le coût de la garde des enfants, etc. L’Insee estime que 1,4 million de personnes composent le « halo du chômage ». Une zone grise d’inactifs qui voudraient exercer une activité professionnelle mais qui ne sont pas classés parmi les chômeurs parce qu’ils ne sont pas disponibles dans les 15 jours. Ce sont donc plutôt 4,3 millions d’adultes qui cherchent un emploi et non 2,8 millions qu’il faudrait comptabiliser.

Parmi ceux qui exercent un emploi, un grand nombre occupe un poste précaire faute de mieux. 3,4 millions sont employés sous contrat précaire (intérim, CDD, contrats aidés, etc.). Au total, 7,7 millions de personnes cherchent un emploi ou occupent un poste précaire, soit un quart des actifs ou des inactifs qui veulent travailler. C’est là le véritable chiffre du « mal-emploi » en France. Par ailleurs, 1,6 million de personnes en temps partiel souhaiteraient travailler davantage. Ils ne s’ajoutent pas aux 7,7 millions car une partie est déjà comptabilisée parmi les précaires mais le chiffre de 7,7 millions minore la réalité.

La situation sociale est beaucoup plus préoccupante que ne l’indique le chiffre de 2,8 millions de chômeurs de l’Insee. Un grand nombre de personnes sont rejetées de l’emploi ou occupent des postes « faute de mieux ». Elles sont très largement issues de milieux populaires et ce sont souvent des femmes peu diplômées. Pour elles, l’intégration professionnelle est beaucoup plus difficile dans un pays où le titre scolaire prime. Une population faiblement représentée dans le débat public.