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Combien d’exclus du travail en France ?

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Officiellement, la France compte 2,8 millions de chômeurs, soit 10 % de la population active et 6 % de l’ensemble des 50,8 millions de personnes de 15 ans et plus, d’après l’Insee (données 2014). Parmi ces chômeurs, près de 600 000 n’ont pas occupé d’emploi depuis deux ans ou plus.

Ce chiffre du chômage fourni par l’Insee est très restrictif. Bien davantage de personnes demeurent exclues de l’emploi et encore plus de l’emploi de qualité. Il faut dire que les critères élaborés par le Bureau international du travail sont très limitatifs. Il suffit d’avoir travaillé une heure dans la semaine de l’enquête pour ne pas être comptabilisé comme chômeur. Si vous êtes sans activité, il faut être disponible dans les 15 jours pour reprendre un travail.

Parmi les 22,2 millions de personnes dites « inactives » (qui n’occupent pas d’emploi ou n’en cherchent pas officiellement), on compte des élèves et les retraités ainsi que des personnes qui ont abandonné leur recherche d’une activité professionnelle découragées par les difficultés à trouver un emploi, les bas salaires, le coût de la garde des enfants, etc. L’Insee estime que 1,3 million de personnes composent le « halo du chômage », une zone grise d’inactifs qui voudraient exercer une activité professionnelle, qui ne sont pas classés parmi les chômeurs parce qu’ils ne sont pas disponibles dans les 15 jours. Ce sont donc plutôt 4,2 millions et non 2,8 millions de chômeurs qu’il faudrait comptabiliser.

Parmi ceux qui ont un emploi, un grand nombre occupe un poste faute de mieux. 3,2 millions sont employés sous contrat précaire (intérim, CDD, contrats aidés, etc.). Au total, 7,4 millions de personnes cherchent un emploi ou occupent un poste précaire. Par ailleurs, 1,6 million de personnes en temps partiel souhaiteraient travailler davantage 1.

Au-delà des 2,8 millions de chômeurs il existe donc une réalité sociale beaucoup plus préoccupante de personnes rejetées de l’emploi ou occupant des postes « faute de mieux ». Des personnes très largement issues de milieux populaires – souvent des femmes peu diplômées – pour lesquelles l’intégration professionnelle est beaucoup plus difficile que les autres dans un pays où le titre scolaire prime. Une population faiblement représentée et invisible des médias.

Notes:

  1.   On ne peut faire la somme des temps partiels contraints avec les données précédentes car on ne connaît pas la part des personnes qui cumulent précarité et temps partiel contraint.