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Le temps partiel reprend, lentement, sa progression

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Le phénomène est peu visible sur longue période, mais sensible : entre 2008 et 2015, la part de temps partiel dans l’ensemble des emplois a progressé de 17 % à 19 %. Alors que le nombre de salariés à temps complet a diminué de 540 000 au cours de cette période, celui des salariés en temps partiel a augmenté de 460 000. Ce phénomène est porté par le développement du temps partiel masculin, dont le taux est passé de 5,7 à 7,9 %. On manque de recul et le mouvement est trop faible pour parler de retournement de tendance, mais le phénomène mérite d’être signalé.

L’essor de l’emploi à temps partiel est l’une des grandes transformations du travail de ces dernières décennies. Depuis 1980, le nombre d’emplois à temps partiel est passé de 1,8 million à 4,9 millions. Le taux d’emploi en temps partiel a été plus que multiplié par deux, de 8 à 19 %. Cette évolution s’est faite en deux phases. La croissance du nombre de salariés concernés a été très forte jusqu’à la fin des années 1990, puis elle s’est ralentie et le taux de temps partiel a stagné, jusqu’à la fin des années 2000 pour remonter ensuite.

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Le temps partiel regroupe des réalités très différentes, de l’emploi occupé faute de mieux en attendant un temps complet, au temps choisi pour se consacrer à d’autres activités qu’au travail. En moyenne, environ trois actifs en temps partiel sur dix disent souhaiter travailler davantage et peuvent être considérés en temps partiel « subi ». Cette donnée sous-estime le phénomène, car une partie des personnes interrogées ont abandonné l’idée de travailler davantage compte tenu de la situation du marché du travail (voir encadré ci-dessous). Au total, la part de temps partiel subi est passée de 25 % à 35 % dans les années 1990, elle a ensuite diminué puis remonté et reste assez stable depuis plusieurs années, autour de 33 %.

3,8 des 4,9 millions de postes à temps partiel – soit 78 % – sont occupés par des femmes, proportion quasiment constante depuis les années 1980, même si elle s’est légèrement réduite depuis 2008 (elle atteignait alors 82 %). 30 % des femmes occupent un emploi à temps partiel, contre 8 % des hommes. Les  écarts de salaires et la persistance de déséquilibres dans la prise en charge des tâches domestiques expliquent pour une grande part cet écart.

tauxtempspartielLe temps partiel subi est massivement féminin même si le temps partiel est plus souvent subi chez les hommes (42 %) que chez les femmes (31 %). Une partie du développement récent de l’emploi partiel est d’ailleurs liée au fait qu’une partie des hommes occupent de plus en plus souvent des emplois en temps réduit faute de mieux. Mais compte tenu du poids des femmes dans l’ensemble des actifs à temps partiel, elles constituent aussi les gros bataillons du temps partiel contraint : 1,2 million sont dans ce cas, contre 400 000 hommes.

Entre les femmes, les inégalités sont tout aussi importantes qu’entre hommes et femmes. 55 % des femmes employées dans les services à domicile et 38 % des employées du commerce sont en temps partiel, contre 11 % des femmes cadres du privé. Une grande partie des travailleurs pauvres sont des femmes à temps partiel. Le temps partiel subi touche surtout les femmes peu qualifiées. La probabilité pour une femme non-diplômée d’être en temps partiel subi plutôt que choisi est 2,5 fois supérieure à celle d’une femme qui dispose d’un bac, selon le ministère du Travail. Pour celles qui ont un diplôme supérieur à bac+2, la même probabilité est deux fois moins élevée que pour les non-diplômées.

 

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Comment mesurer le temps partiel subi ?
30 % des femmes qui travaillent en temps partiel ont fait ce choix faute d’avoir trouvé un emploi à temps plein. Peut-on dire pour autant que 70 % des emplois féminins en temps partiel sont « choisis » ? Selon une étude du ministère du Travail 1, un tiers des femmes ont opté pour le temps partiel « pour s’occuper des enfants ou d’un autre membre de la famille », 16 % pour « disposer de temps libre ou faire les travaux domestiques » et 5,7 % pour des raisons de santé : toutes n’ont pas pour autant « choisi » leur situation. Certaines femmes peuvent avoir refusé un temps plein incompatible avec leur emploi du temps par ailleurs, par exemple faute de structure d’accueil de jeunes enfants ou en raison d'horaires trop atypiques. En conséquence, le taux de temps partiel subi est sans doute plus proche de 50 que de 30 %.

 

Notes:

  1. "Le travail à temps partiel", Mathilde Pak, Synthèse stat' n°4, juin 2013.
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