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Les travailleurs de la nuit : surtout des hommes peu qualifiés

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3,5 millions de salariés (15,4 % du total) travaillent de nuit selon le ministère du Travail (données 2012). Pour près de la moitié, il s’agit de leur rythme habituel de travail. 21,5 % des salariés masculins et 9,3 % des salariées sont concernés. Ceci dit, ces dernières rattrapent leur retard : entre 1991 et 2012 le nombre a doublé, et leur part dans l'ensemble des salariés travaillant la nuit est passée de 20 à 30 %.

Au total, Les bataillons du travail de la nuit sont fournis par des métiers très hétérogènes, principalement peu qualifiés. Avec 280 000 personnes concernées, les routiers arrivent en tête. Les services publics viennent juste derrière : 276 000 professionnels de l’armée, de la police ou des pompiers, 202 000 infirmières ou sages femmes et 151 000 aides soignants travaillent de nuit.

Les emplois nocturnes sont souvent pénibles. «Les salariés qui travaillent la nuit décrivent en moyenne des conditions de travail nettement plus difficiles que les autres salariés », analyse le ministère. Ils sont davantage soumis à des contraintes de rythme, doivent plus souvent se dépêcher et peuvent plus rarement faire varier les délais. Ils déclarent plus souvent risquer d’être blessés ou accidentés. Au total, 43 % d’entre eux pensent qu’ils ne tiendront pas le rythme jusque 60 ans, contre 27 % pour l’ensemble des salariés. Selon le ministère, une exposition de 15 ans ou plus au travail de nuit augmenterait de 50 % la probabilité d'être par la suite limité dans ses activités quotidiennes. En contrepartie, le supplément salarial reçu n'est pas considérable : il atteint 8,1 % pour ceux qui travaillent régulièrement de nuit et de 3,6 % pour ceux qui le font de façon occasionnelle.

Depuis 1991, le travail de nuit a augmenté : il concernait alors 13 % des salariés. La part de ceux qui exercent cette activité de façon occasionnelle a diminué, alors que celle des travailleurs de nuit régulier a plus que doublé, de 3,5 à 7,4 %. La France est devenue l’un des pays d’Europe où cette proportion est la plus élevée.

Pour en savoir plus :  « Le travail de nuit en 2012. Essentiellement dans le tertiaire ». Dares analyses n°062, ministère du travail, août 2014.

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