
3,1 millions d’actifs (salariés ou indépendants), soit 11 % de l’ensemble, travaillent de nuit1 occasionnellement ou habituellement selon le ministère du Travail (données 2024). Pour 4 %, c’est même leur rythme professionnel régulier : plus de la moitié de leurs journées de travail sont effectuées de nuit.
Après avoir augmenté dans les années 2000, la part du travail nocturne semble plutôt stable. En 1990, 3,9 % des actifs exerçaient habituellement de nuit, chiffre qui a progressé jusqu’à 5 % en 2012. À partir de 2013, la manière de comptabiliser le phénomène a changé, mais le chiffre semble avoir peu évolué. La part des personnes dont au moins la moitié des jours de travail sont effectués de nuit a légèrement diminué, de 4,3 % à 3,8 %.
Ces moyennes masquent des inégalités importantes. Les hommes (14,5 %) sont deux fois plus souvent concernés que les femmes (7 %). Le travail de nuit régulier est très rare chez les cadres supérieurs (1,1 %) mais atteint 6,9 % chez les ouvriers. Les bataillons du travail de la nuit sont fournis par des métiers très hétérogènes du privé comme du public, souvent peu qualifiés, pour assurer la continuité de la production industrielle, par exemple.

Dans une enquête de 2012, le ministère du Travail écrivait : « Les salariés qui travaillent la nuit décrivent en moyenne des conditions de travail nettement plus difficiles que les autres salariés ». Ils sont davantage soumis à des contraintes de rythme, doivent plus souvent se dépêcher et peuvent plus rarement faire varier les délais. Ces salariés déclarent plus que les autres risquer d’être blessés ou accidentés. Au total, 43 % d’entre eux estiment ne pas pouvoir tenir le rythme jusqu’à 60 ans, contre 27 % pour l’ensemble des salariés. Selon le ministère, une exposition de quinze ans ou plus au travail de nuit augmenterait de 50 % la probabilité d’être par la suite limité dans ses activités quotidiennes.
Le travail de nuit « augmente les risques de troubles du sommeil et de pathologies psychiques, de troubles métaboliques et de maladies cardiovasculaires et favorise l’apparition de certains cancers », indique l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. En contrepartie, le supplément salarial reçu n’est pas considérable. Pour les ouvriers, il atteint 7 % pour ceux qui travaillent plus de la moitié de leurs heures durant la nuit, selon le ministère du Travail (données 2019 à 2021).

Photo : Maksym Tymchyk / Unsplash
Notes:
- De minuit à cinq heures du matin. ↩

