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Travail pénible : les ouvriers et les hommes en première ligne

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8 % des salariés travaillent au rythme du déplacement d’un produit ou d’une pièce, contre 3 % en 1978, selon le ministère du Travail. 7 % suivent la cadence automatique d’une machine, ils étaient 6 % en 1978. A force de présenter les nouvelles formes de pénibilités du secteur des services, on en oublierait presque le travail le plus pénible physiquement, celui qui use le plus l’organisme. Les salariés sont mieux protégés face aux risques qu’hier, mais leur travail n’a pas été allégé. En 1984, 5,8 % des salariés étaient exposés à trois contraintes de rythme 1, en 1984 le chiffre est passé à 35,2 %.

 

Les ouvriers exercent des métiers beaucoup plus durs : 37 % d’entre eux sont exposés à un bruit intense, contre 7 % des cadres et 15 % des professions intermédiaires. Les deux tiers respirent des fumées ou des poussières, contre 11 % des cadres. Plus de 80 % risquent l’accident du travail, alors que c’est le cas de 22,4% des cadres. En matière de conditions de travail, la division n’est pas toujours hiérarchique mais bien entre les cols blancs et bleus : les employés administratifs travaillent dans des conditions quasi similaires à celles des cadres. La situation ne s’améliore pas, loin s’en faut : la proportion d’ouvriers soumis à trois contraintes de rythme a progressé de 9 à 54 % entre 1984 et 2013, quand elle passait de 3,5 à 25,6 % chez les cadres. Des chiffres qui traduisent une forte intensification du travail.

Si les femmes sont moins bien rémunérées et en situation d’infériorité dans l’univers professionnel, les hommes – sur-représentés dans l’industrie – occupent plus souvent des emplois physiquement pénibles. 23 % travaillent dans le bruit, contre 13 % des femmes, 43 % respirent des fumées ou des poussières contre 18 % des femmes et 62,8 % risquent l’accident, contre 38 % des femmes. Avec la consommation d’alcool et de tabac, les conditions de travail constituent un facteur majeur d’explication de l’écart d’espérance de vie entre les sexes.

 

Pour en savoir plus : « Conditions de travail. Reprise de l’intensification du travail chez les salariés », Dares Analyses, n°49, juillet 2014.

Notes:

  1. Parmi un ensemble de sept, comprenant par exemple "ne pas pouvoir quitter son travail des yeux", "devoir toujours se dépêcher", etc.