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La famille change, le couple reste

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Les deux tiers des plus de 20 ans vivent en couple, avec ou sans enfants. Entre 25 et 65 ans, cette proportion est de 70 %. Le fait de partager son quotidien avec un partenaire et élever des enfants ensemble reste un modèle de vie très solidement implanté dans une société moins individualiste qu’on ne le dit. Ce couple est moins souvent déclaré en tant que tel. L’union « libre » – terme désormais un peu désuet – ne cesse de progresser : trois millions de personnes étaient concernées en 1990, contre plus de sept millions en 2009, soit de 11 à 24 % de l’ensemble des couples. Il est difficile de dire si la baisse enregistrée en 2011 constitue une rupture de tendance ou non car les données sont obtenues à partir d’une source distincte. Officialiser l’union que l’on forme est de moins en moins une norme sociale contraignante, même si le Pacs a procuré un cadre juridique à une partie des partenaires qui vivaient auparavant en union libre.

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Parmi ceux qui choisissent de déclarer leur union, de moins en moins optent pour le mariage. Alors que l’on comptait 400 000 unions au début des années 1970, le chiffre est tombé à moins de 220 000 aujourd’hui. Le taux de nuptialité a été divisé par deux depuis les années 1950, de 8 à moins de 4 pour 1 000 habitants. Près de 60 % des enfants naissent hors du mariage. Le Pacs a, un moment, contrebalancé ce mouvement : son nombre a augmenté très fortement jusqu’à 200 000 contrats enregistrés en 2010, mais depuis son nombre stagne.

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Ces évolutions traduisent une aspiration à former des unions plus souples, qui n’ont plus besoin d’être consacrées officiellement, notamment au sein des catégories diplômées. Le mariage a perdu une partie de sa force symbolique, religieuse ou non. Elles résultent de l’autonomie croissante des personnes : de plus en plus veulent organiser librement leur vie privée. Mais cette flexibilité du couple a un revers. Les droits accordés aux partenaires sont moindres, et, en cas de séparation, le plus faible est moins bien protégé. Il s’agit le plus souvent de femmes.

La question d’actualité est celle de l’autonomie fiscale. Le programme présidentiel prévoit une possible imposition sur le revenu séparée des membres du couple. Ce choix est en fait très symbolique. Le couple n’est alors plus reconnu en tant qu’entité économique. L’individualisation de l’impôt pose la question de la solidarité économique des membres du couple et du partage des ressources. Les couples où l’un des deux membres ne travaille pas seraient largement perdants à une imposition séparée puisqu’en divisant leurs revenus ils seraient imposés à des taux inférieurs.


100 000 couples homosexuels
 On compte 100 000 couples composés de personnes du même sexe selon l'Insee (données 2011), soit 0,6 % de l’ensemble des couples. La proportion est plus forte chez les jeunes : c’est le cas de 2,2% des couples âgés de 20 ans, mais de moins de 0,3 % des couples après 50 ans. Dans un cas sur dix, soit 10 000 couples, les personnes vivent avec des enfants. L'Insee a enregistré 10 000 mariages de personnes de même sexe en 2014, soit environ 4 % de l'ensemble des unions.