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Valeurs : l’homosexualité largement tolérée mais pas banalisée

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Pour 85 % des Français, l’homosexualité est « une manière comme une autre de vivre sa sexualité », 8 % estiment que c’est une maladie et 7 % une perversion que l’on doit combattre, selon un sondage Ifop mené en juin 2019. Au milieu des années 1970, les Français étaient beaucoup plus partagés : à l’époque, 42 % voyaient l’homosexualité comme une maladie et 22 % comme une perversion. Selon l’enquête de l’Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs (Arval) réalisée tous les dix ans, le niveau de tolérance vis-à-vis de l’homosexualité a doublé entre 1981 et 2018, l’indice passant de 3 à 6,6 (moyenne des notes allant de un «l’homosexualité n’est jamais justifiée » à dix« toujours justifiée »).

Les choses évoluent aussi très vite quant aux droits des couples homosexuels à élever des enfants. La part de personnes qui estiment que les couples homosexuels devraient avoir le droit d’adopter, en tant que couple (et non individuellement), des enfants a doublé depuis le milieu des années 1990, de 33 % à 65 % (enquêtes Ifop puis ministère des Solidarités). La proportion de la population favorable à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes homosexuelles était d’un quart en 1990, elle est aujourd’hui de 63 % selon l’Ifop.

L’ouverture plus grande à l’homosexualité de la société française est solide. L’ensemble des enquêtes d’opinion vont dans le même sens et confirment une évolution en profondeur des valeurs : peu importe le sexe du partenaire, pour l’immense majorité. Cela ne signifie pas pour autant que tout aille pour le mieux pour les personnes concernées. Il reste 15 % de Français pour qui les relations sexuelles devraient être réservées à des personnes de sexes différents, ce qui représente tout de même 7,5 millions d’adultes, souvent de générations plus anciennes. Deux fois plus sont opposés au fait que ces couples puissent adopter des enfants comme à la PMA. La tolérance affirmée dans une enquête d’opinion est une chose, la réalité quotidienne peut être très différente : l’homosexualité est encore loin d’être banalisée en public, dans le cercle amical ou en famille. Le temps ou deux hommes ou deux femmes pourront s’embrasser en public sans crainte n’est pas encore venu.