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Une France très peu syndiquée

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La France est le pays riche où le taux de syndicalisation est le plus faible : 8 % selon les données 2013 de l’OCDE, soit deux fois moins que la moyenne des pays riches. La proportion de syndiqués n’a jamais été très élevée dans l’Hexagone. Le taux a chuté de 30 à 17 % dans les années 1950, il est ensuite resté stable jusqu’à la fin des années 1970, puis a dégringolé à nouveau pour atteindre 10 % au début des années 1990 selon les estimations du ministère du Travail 1. Depuis, le taux est resté stable, la dernière enquête du ministère faisant apparaître une très légère remontée dans les années récentes à environ 11 % 2.

Les écarts de taux de syndicalisation sont grands. Dans le secteur privé, celui-ci est de l’ordre de 8,7 %, contre 19,8 % dans le secteur public, selon le ministère du Travail. La proportion ne serait que de 5 % dans les entreprises de moins de 50 salariés et encore très inférieur dans les plus petites entreprise. Cette faiblesse constitue un lourd handicap en matière de dialogue social : la négociation s’en trouve déséquilibrée ; les accords passés ont une légitimité moindre que dans les pays où plus de la moitié des salariés adhèrent à une organisation.

Se syndiquer n’a guère d’avantages en France. Les syndicats négocient pour tous les salariés, pas seulement pour leurs adhérents. Les non-syndiqués laissent les syndiqués défendre leurs droits, pour en retirer ensuite les bénéfices. Adhérer peut être nuisible à la carrière des intéressés dans certaines entreprises. Pour les salariés, le syndicat offre peu de services concrets. En France, la place des syndicats dans le dialogue social ne dépend pas du nombre d’adhérents, mais des résultats aux élections professionnelles (délégués du personnel et comités d’entreprise). Au bout du compte, des structures peuvent être reconnues comme représentatives malgré un petit nombre d’adhérents et se retrouver à la table des négociations au niveau national.

Les transformations structurelles de l’emploi jouent aussi. Le déclin des grandes entreprises industrielles a affaibli les bastions syndicaux. La persistance d’un chômage de masse, et de la précarité a rendu encore plus difficile le syndicalisme. Selon le ministère du Travail, 3 % des salariés en CDD et 1 % de ceux en intérim sont syndiqués. Enfin, les syndicats ont leur part de responsabilité. La division en plusieurs confédérations très politisées – ce qui est spécifique à la France – limite leurs capacités d’action. Ils n’ont pas su s’adapter aux transformations de l’emploi et notamment convaincre les jeunes générations de la nécessité de se syndiquer. 3,6 % chez les moins de trente ans adhèrent à un syndicat.

Notes:

  1. “La syndicalisation en France”, Dares Analyses n°25, mai 2016.
  2. La donnée du ministère n’est pas issue de la même enquête que celle de l’OCDE, ce qui explique l’écart
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