
Le taux de chômage a augmenté de 7,1 à 8,1 % en France entre janvier 2023 et janvier 2026, selon les données de l’Insee. Cela représente 390 000 chômeurs de plus, soit hausse de 17,5 %. Le chômage est durablement reparti à la hausse, reproduisant un mouvement de cycles observé depuis 40 ans.
La principale phase hausse du chômage a eu lieu entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1980. Le nombre de chômeurs passe alors de 700 000 à 2,3 millions, le taux de chômage est multiplié par trois de 3 à 9 %. Depuis bientôt quarante ans, le chômage fluctue autour de 8 ou 9 % avec des pics supérieurs à 10 % et des points bas proches de 7 %. Les phases de diminution peuvent être importantes, notamment comme entre 1997 et 2001 ou de 2015 à 2020. Malheureusement, à chaque fois, le chômage remonte après quelques années de diminution.


Dans la période plus récente, de 2015 à 2020, la baisse a été significative. Le nombre de chômeurs a diminué de 800 000. Les créations d’emplois ont alors repris (lire notre article). Mais depuis l’été 2023 et surtout à partir du début de 2025, le chômage remonte nettement. Tout porte à penser désormais qu’il s’agit d’une inversion durable.
En réalité, aucun pays occidental n’a réussi à maintenir un niveau de croissance régulière suffisamment longtemps pour retrouver un plein emploi de qualité. Ceux qui ont fait baisser le taux de chômage l’ont fait en dégradant la norme sociale de l’emploi, avec des formes très précaires d’emploi (comme en Allemagne), en réduisant l’indemnisation du chômage (Royaume-Uni) ou en élargissant la notion de handicap1 (Pays-Bas) ou le développement de l’apprentissage.
Ces évolutions montrent l’échec des politiques publiques dans le domaine de l’emploi. En particulier, le développement de la flexibilité de l’emploi et la baisse massive du coût du travail n’ont jamais eu d’impact durable et ont surtout dégradé les conditions d’emploi, entraînant de fortes tensions sociales. Encore faut-il se méfier des raisonnements simplistes : les gouvernements n’ont pas toutes les cartes en main. L’évolution de l’emploi en France dépend aussi des transformations technologiques et de la croissance mondiale, fortement affectée par les turbulences actuelles. À l’évidence, seule une phase de croissance durable pourrait améliorer la situation, encore faudrait-il pour cela un minimum de coordination des politiques publiques entre les pays, au moins au niveau européen.

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Notes:
- Une partie des chômeurs, déclarés inaptes au travail, ne figurent plus alors dans les statistiques du chômage. C’est en partie aussi le cas en France avec l’allocation adulte handicapé. ↩

