Près de 80 % d’une génération a atteint le niveau du bac en juin 20251, contre un jeune sur dix dans les années 19602. Cette hausse est le fruit d’une politique d’investissement public dans l’éducation qui commence dès la fin des années 1950. À l’époque, la France, pays rural, était très en retard sur ses voisins. La période de la fin des années 1980 jusqu’au début des années 1990 a été particulièrement marquante : le taux d’accès au bac a doublé en dix ans, de 30 % à 60 %. Entre le milieu des années 1990 et 2010, le taux de bacheliers a stagné pour reprendre sa progression à la fin des années 2000.

Depuis dix ans, si on met de côté la période de la crise sanitaire, le taux de bacheliers stagne. La part de bacheliers de l’enseignement technologique est stable déjà depuis 30 ans autour de 16 % d’une génération. Il faut dire qu’une partie des débouchés théoriques de cette filière (BTS et IUT notamment) sont occupés par des bacheliers des filières générales. Pour les bac pro, l’arrêt de la progression date du début des années 2010 et depuis le taux se maintient autour de 20 %. La stagnation est plus récente pour la part de bacheliers de l’enseignement général, qui demeure autour de 43 % environ depuis 2019.

Des inégalités sociales qui persistent

75 % des enfants de cadres supérieurs et des professions intermédiaires nés entre 1974 et 1978 ont eu leur bac contre 53 % des enfants d’ouvriers et d’employés. Pour la génération 1999-2003, les taux sont respectivement de 87 % et 71 %. L’accès au bac se démocratise, mais l’écart entre milieux sociaux est resté stable entre les générations nées dans les années 1970 et celles nées dans les années 1990. L’écart s’est légèrement réduit entre les jeunes nés entre 1992 et 1996 et ceux nés entre 1997 et 2001.

Cette évolution de l’accès au bac traduit l’élévation des qualifications de la population, de la même manière que la part de jeunes sortant sans diplôme diminue (lire notre article). La stabilisation autour de 80 % de bacheliers depuis dix ans contredit la thèse de l’allongement linéaire des durées de formation. Déjà, le taux avait stagné durant un peu plus de dix ans entre 1995 et 2008.

Le processus global de démocratisation du bac est pour partie artificiel. Il s’est fait grâce au bac professionnel qui ne permet pas d’accéder aux filières aussi réputées que le bac général et aux métiers les mieux rémunérés. Contrairement à une idée répandue, le bac général est loin d’être généralisé : 57 % des jeunes ne disposent pas de ce niveau de diplôme. Enfin, les groupes sociaux déterminés par le ministère de l’Éducation ici sont très larges, ce qui masque aussi des écarts importants en leur sein. Ainsi, le groupe des cadres supérieurs et professions intermédiaires comprend à la fois les classes moyennes et le haut de la hiérarchie sociale.

90 % de réussite au bac 
Plus de 750 000 candidats passent les épreuves du baccalauréat chaque année. La plupart de ceux qui en sont là seront diplômés : le taux de réussite atteint près de 90 %, contre 75 % au milieu des années 1990. Cette évolution résulte de différents facteurs : l'élévation générale du niveau scolaire, une plus grande clémence des correcteurs, mais surtout une perception plus forte de l’enjeu scolaire par les élèves, dans un contexte de chômage et de précarité de l'emploi qui demeure élevé. Dans leur très grande majorité, les candidats se préparent soigneusement à l’épreuve et récoltent les fruits de leurs efforts. Là aussi, des écarts existent entre catégories sociales : 95 % des candidats au bac général enfants d'enseignants obtiennent leur diplôme, contre 85,5 % des enfants d'ouvriers et 80 % de ceux dont les parents n'ont pas d'activité professionnelle.

Photo : Scott Webb / Unsplash

Notes:

  1. Les jeunes qui ont passé le bac en 2025 sont nés autour de 2007 (certains sont en avance, d’autres ont redoublé.
  2. Des jeunes nés au début des années 1940.