40 % des plus de 16 ans, soit 21,6 millions de personnes, adhérent à au moins une association selon l’Insee (données 2016). Cette proportion est restée stable entre le début des années 1980 et le début des années 2000, autour de 44 %. Elle décline depuis. Mais adhérer n’est pas forcément s’engager.

Le déclin de l’adhésion est atténue par l’élévation du niveau de diplôme et le vieillissement de la population. Entre 1983 et 2013 (dernière année connue à ce niveau de détail), le taux d’adhésion a diminué pour tous les niveaux de diplôme (voir graphique). Mais la part des diplômés de niveau bac ou plus dans la population a fortement augmenté au cours de cette période. Ces derniers participent beaucoup plus souvent que la moyenne à une association : 56 % des personnes titulaires d’un diplôme supérieur au bac sont concernés, contre 22 % pour celles qui n’ont aucun diplôme. Même phénomène avec l’âge : le taux diminue pour tous les âges (sauf pour les 16-24 ans), mais comme la part des plus de 50 ans s’accroît et qu’ils adhèrent plus que la moyenne, le taux moyen ne diminue pas. Cette baisse cache aussi un mouvement de féminisation : le taux d’adhésion a progressé de 34 à 40 % entre 1983 et 2013 chez les femmes1, alors qu’il a baissé de 53 à 44 % chez les hommes.

Les domaines d’action des associations et les motivations des adhérents sont très variés. En 2016, le sport (19 %) et la culture (9 %) sont ceux où le taux d’adhésion est le plus élevé, en partie parce que pour pouvoir pratiquer certaines activités une adhésion est nécessaire. 11 % des Français adhèrent à une association dont l’objectif est la convivialité (comités des fêtes, club de troisième âge, groupes paroissiaux, etc.). 12 % des 16 ans ou plus adhèrent à un groupe de défense d’intérêts communs (parents d’élèves, syndicat, parti politique, etc.) et un peu plus de 8 % sont engagés dans l’action sociale (santé, soutien scolaire, caritatif), deux grands domaines où l’engagement bénévole est souvent plus marqué. Enfin, moins de 2 % adhèrent à une association de protection de l’environnement. Dans la période récente, entre 2013 et 2016, les plus fortes baisses concernent les associations du secteur des loisirs (-1,1 point, on y trouve notamment les comités de quartier) et les associations de défense des droits et d’intérêts commun (parents d’élèves, défense des consommateurs notamment). En revanche, les associations d’aide aux personnes en difficulté et liées à l’environnement sont en progression.

Donner de son temps

A caractéristiques équivalentes, la participation aux associations a donc eu plutôt tendance à diminuer au cours des trente dernières années, en particulier entre 1983 et 1996, phénomène que l’on mesure mal du fait de la hausse des qualifications et du vieillissement du pays. Pour comprendre les évolutions du paysage associatif, il faudrait disposer d’éléments plus précis que ceux fournis par l’Insee et observer en détail chaque domaine d’adhésion. Le paysage associatif regroupe des formes d’actions collectives très hétérogènes, au-delà de leur statut régit par la loi de 1901. Entre l’adhésion « consumériste », nécessaire à la pratique d’une activité payante (on peut adhérer sans même le savoir), par exemple pour les loisirs des enfants ou des aînés, et l’engagement politique, syndical ou religieux, qui relève d’un acte militant, le rôle de l’adhérent est très différent. Le taux d’adhésion peut diminuer du fait de la prise en charge de certaines activités de loisir par des entreprises privées (comme les clubs de remise en forme).

D’ailleurs, l’engagement bénévole ne se résume pas aux associations. L’Insee souligne que 11 millions de personnes, soit 22 % des plus de 16 ans, déclarent avoir donné de leur temps à une association en 2013. Selon une étude du réseau Recherches et solidarités, 37 % des Français (soit 19 millions) auraient « donné du temps gratuitement pour les autres » : 23,7 % dans une association (assez proche du chiffre de l’Insee), 8,4 % dans une autre organisation (école, église, etc.) et 16,4 % de manière informelle (données 2019). Des formes nouvelles d’actions collectives – pas toujours déclarées juridiquement comme « associations » –  naissent, qui contredisent la thèse d’un « l’individualisme croissant » de la société. Les nouvelles technologies facilitent d’ailleurs la circulation de l’information et l’organisation d’actions communes. Certes, l’engagement des adhérents reste très variable, mais des loisirs à la lutte contre la pauvreté en passant par le sport, les associations constituent l’un des piliers de notre organisation sociale. Le dynamisme du phénomène associatif reste réel : chaque année, environ 70 000 nouvelles organisations sont créées et il en existerait au total plus d’un million (lire notre article).

Notes:

  1. Les données 2016 font apparaître une diminution à 39 % chez les femmes et 42,6 % chez les hommes.