En matière de participation aux tâches domestiques, l’égalité progresse lentement dans le couple au fil des générations, indique une enquête menée par le Céreq auprès des jeunes1. L’organisme a observé la répartition des tâches pour deux générations de jeunes en 2005 et 2017, sept ans après leur sortie des études (1998 et 2010)2. Il a distingué trois modèles à partir des réponses à trois questions « Qui prépare le repas du soir le plus souvent quand vous êtes ensemble ? », « Qui fait les courses le plus souvent ? » et « Qui passe le plus souvent l’aspirateur » ? Dans le couple dit « traditionnel », la femme effectue elle-même les trois tâches, dans le couple « paritaire », les deux s’impliquent de la même façon et dans le couple « moderne », la femme est moins impliquée que l’homme.

En douze ans, entre 2005 et 2017, la part de couples traditionnels s’est réduite de la moitié à un tiers de l’ensemble. Celle du modèle paritaire est passée de 37 % à 45 % et celle des couples modernes de 14 % à 19 %. Ces évolutions indiquent que la répartition des tâches tend à s’équilibrer, mais lentement, au fil des générations. Le modèle traditionnel inégalitaire où la femme prend en charge la quasi-totalité des tâches se marginalise progressivement chez les jeunes, notamment avec l’élévation du niveau de diplôme.

Tout en notant que des inégalités de répartition plus grandes persistent chez les couples moins diplômés ou ceux qui ont des enfants, au bout du compte, le Céreq constate « un certain affaiblissement de la polarisation des rôles sociaux dans la répartition des tâches domestiques, dépoussiérant ainsi certains stéréotypes ». L’organisme remarque que ces changements se font « pour l’essentiel du côté des femmes » qui maintiennent plus souvent un lien avec le marché du travail au moment de l’arrivée d’un enfant qu’auparavant. « Les changements chez les hommes sont plus discrets, se concentrent vers une participation plus active au travail domestique et ne remettent en cause nullement le primat de l’emploi, y compris au moment de la naissance d’enfants. », analyse le Céreq.

Beaucoup reste à faire, notamment à l’arrivée des enfants. En 2017, 49 % des femmes ont indiqué que l’arrivée de leur premier enfant a eu un impact sur leur emploi et 61 % pour le second. Chez les hommes, les proportions sont de 14 % dans les deux cas. En particulier, 24 % des femmes sont passées en temps partiel contre 2 % des hommes.

Notes:

  1. « Emploi, enfant et aspirateur : quelles évolutions chez les jeunes couples depuis 2005 », Céreq Bref n°403, mars 2021 ;
  2. L’âge des jeunes varie en fonction de leur âge de sortie des études.