Montre-moi ton diplôme, je te dirai avec qui tu vis ? Ce n’est pas complètement vrai, mais tout de même : en France quatre couples sur dix appartiennent au même milieu social, phénomène que les sociologues appellent « l’homogamie ». Celle-ci est plutôt stable depuis 20 ans.

60 % des personnes âgées de 18 à 89 ans vivent en couple. Pour les autres, une partie n’ont pas encore expérimenté la vie à deux, d’autres sont séparés et, parmi les plus âgés surtout, certains sont veufs ou veuves. Au sein des couples, 40 % vivent avec un partenaire du même milieu social : « l’adage « qui se ressemble s’assemble » semble donc toujours d’actualité », note l’Insee.

Plus on s’élève dans la hiérarchie sociale, plus les couples se forment entre milieux comparables. La moitié des personnes qui disposent d’un emploi dits « de niveau supérieur » (comme les cadres) vivent avec un partenaire du même niveau social, contre un tiers pour les emplois d’exécution peu qualifiés (ouvrier à la chaîne ou caissière par exemple). Parmi les salariés, les classes supérieures ont une probabilité cinq fois plus grande d’être en couple homogame que celle des autres catégories. En bas de l’échelle sociale, cette probabilité est 2,5 fois plus élevée. L’homogamie est encore plus importante chez les indépendants (souvent des conjoints qui travaillent ensemble), mais ils ne représentent que 4 % des couples.

Le facteur qui détermine le plus la formation d’un couple est le diplôme. Les personnes de même parcours scolaire ont une probabilité 1,8 fois plus importante de vivre en couple homogame quand on isole ce facteur. L’origine sociale et le lieu de naissance jouent à peine.

Selon l’Insee, l’homogamie évolue très peu depuis une vingtaine d’années alors qu’une précédente étude concluait à une tendance à la diminution. L’essor des sites de rencontre en ligne et l’ère des réseaux sociaux modifient pas les raisons du choix du conjoint, d’où d’ailleurs leurs limites. On continue de vouloir vivre avec des personnes aux habitudes sociales relativement semblables : langage, vêtements, activités de loisirs, etc. Cette exigence est encore plus vraie quand on appartient aux couches sociales les plus favorisées. Les exceptions sont rares, mais elles existent : 7 % des salariés les plus qualifiés forment un couple avec des salariés peu qualifiés.

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