Les services de police et de gendarmerie ont enregistré plus de 3 000 crimes et délits anti-lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres (LGBT)1 en 2024. Ce chiffre est trois fois supérieur à celui de 2016.

Sur longue période, les Français se disent de moins en moins homophobes (lire notre article). Les enquêtes menées auprès de la population indiquent que le nombre de personnes qui disent avoir été victimes d’injures homophobes reste relativement stable, au moins jusqu’en 2018 2. Malheureusement, on ne dispose pas de données plus récentes. L’augmentation des faits constatés peut résulter du dépôt plus fréquent de plaintes et de leur inscription comme acte anti-LGBT par les forces de police, ainsi que de l’évolution de la qualification de certaines infractions3. Mais cela semble difficilement expliquer l’ensemble de la progression des actes recensés. Il faudra confirmer ces données dans le temps, mais l’ampleur de cette augmentation a de quoi inquiéter. Les discours de rejet de l’homosexualité se propagent notamment rapidement par le biais des réseaux sociaux.

Les victimes d’actes anti-LGBT sont dans l’immense majorité des hommes (72 %) et bien plus souvent des jeunes (données 2024). La moitié ont moins de 29 ans, alors que c’est le cas de 31 % des personnes victimes de crimes et délits en moyenne. Seuls 5 % ont plus de 60 ans, contre 18 % de l’ensemble des victimes de crimes et délits. Les infractions les plus souvent citées sont majoritairement verbales : dans 32 % des cas il s’agit d’injures et pour 19 % de menaces. Dans 21 % des cas, il s’agit d’agressions graves.

Il est particulièrement difficile de mesurer l’ampleur réelle du phénomène. Selon les enquêtes menées auprès de la population, seules 20 % des victimes de menaces ou de violences anti-LGBT déclarent avoir porté plainte, et même seulement 5 % pour les injures. Une grande partie des actes ne sont pas déclarés car ils sont très difficiles à prouver, notamment ceux qui se jouent entre proches, dans l’intimité de la famille par exemple. D’après les enquêtes auprès de la population, environ 150 000 personnes disent être victimes d’injures homophobes chaque année. En termes de valeurs, la société française dans son ensemble paraît être plus tolérante au fil du temps. Pourtant, au vu des dernières données, il reste un long chemin à faire pour que les différentes orientations sexuelles soient banalisées.

Photo : Raphael Renter / Unsplash

Notes:

  1. « Légère progression des infractions anti-LGBT+ enregistrées par les services de sécurité », Info rapide n°53, Interstats, ministère de l’Intérieur, mai 2025.
  2. « Les injures sexistes, racistes et homophobes depuis 2006 », Keltoume Larchet, Flash’crim n°27, ONRDP, janvier 2020.
  3. Quand un acte passe de contravention à délit.