L’écart d’espérance de vie à la naissance selon les sexes se réduit depuis le milieu des années 1990. La vie continue à s’allonger, mais davantage pour les hommes que pour les femmes. De huit ans et trois mois en 1994 en faveur des femmes, cet écart est tombé à cinq ans et demi en 2024. Les femmes peuvent aujourd’hui compter en moyenne sur 85,7 années de vie contre 80,1 pour les hommes 1

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L’égalisation des durées de vie selon le genre reflète l’indifférenciation des rôles dans la société. Les modes de vie des femmes et des hommes se rapprochent, qu’il s’agisse des durées de travail ou des types d’activité professionnelle, de consommation de tabac ou d’alcool notamment. En même temps, l’emploi peu qualifié féminin du secteur des services, aux conditions de travail parfois très pénibles, se développe alors que l’emploi peu qualifié de l’industrie, majoritairement masculin, se réduit. Les conditions de travail se rapprochent et leur rôle est déterminant en matière de santé.

Ce processus est-il destiné à conduire à l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce domaine ? Les écarts demeurent considérables. Les femmes continuent à avoir des comportements moins dangereux, à supporter une moindre charge physique au travail et demeurent plus attentives à leur alimentation, à leur corps et à leur santé. En 2024, l’espérance de vie des hommes est équivalente à celle des femmes il y a quarante ans.

Au rythme observé au début des années 2010, il faudrait plusieurs décennies pour parvenir à l’égalité. Beaucoup dépendra de l’évolution des conditions de travail et de la répartition des postes entre les femmes et les hommes, mais aussi des modes de vie, de l’attention à la santé et des comportements à risque (tabagisme, alcoolisme, etc.).

Photo : Bruno Aguirre / Unsplash

Notes:

  1. Si l’on mesure l’espérance de vie dite « sans incapacité » sévère (lire notre article), qui est calculée en interrogeant les personnes sur leur autonomie, l’écart est un peu moins favorable aux femmes.