
La part d’enfants vivant dans une famille recomposée1 s’est stabilisée en France depuis plus d’une décennie. Selon l’Insee, 1,4 million d’enfants vivent dans ce type de famille en 2023, soit 10 % du total, un niveau quasiment identique à celui du début des années 2010. Une évolution qui contraste avec les décennies précédentes, puisque la part d’enfants vivant dans une famille recomposée avait plus que doublé entre le milieu des années 1980 et le début des années 2010, de 5 % à 10 %.
Cette évolution peut être la conséquence de deux phénomènes qui se conjuguent. D’un côté, un plafonnement des séparations après plusieurs décennies de progression. De l’autre, du fait que les mères de famille monoparentale, dont le nombre continue à progresser se remettent moins souvent en couple. Deux hypothèses sur lesquelles on manque de travaux détaillés pour conclure. Quoi qu’il en soit, cette stabilisation de la part des enfants vivant dans une famille recomposée traduit une modification importante des comportements familiaux.

Au total, ces familles recomposées – formées d’un couple et d’au moins un enfant issu d’une union précédente – rassemblent 1,4 million d’enfants alors que 3,1 millions vivent dans une famille monoparentale (22,8 % de l’ensemble) et 9,3 millions dans une famille dite « traditionnelle » (66,8 %) qui reste la norme largement majoritaire.
Ces familles recomposées sont de nature différentes. Près de la moitié des enfants concernés vivent avec leur mère et un beau parent, un tiers avec leurs deux parents et un enfants issu d’un autre couple, 17 % avec leur père et un beau parent. Ces enfants vivent plus souvent au sein d’une famille nombreuse : 57 % cohabitent avec au moins deux autres enfants, alors que c’est le cas d’un tiers des familles dites « traditionnelles ». Il s’agit aussi plus souvent de familles de milieu populaire : 46 % des enfants vivent dans une famille recomposée ou la personne de référence a un diplôme inférieur au baccalauréat, contre 34 % dans les familles « traditionnelles ».
La particularité de ces familles est de comprendre des relations entre des beaux-parents et des enfants. Ces dernières ne sont pas toujours simples à définir, notamment d’un point de vue juridique. Il semble logique d’accorder des droits à des adultes (souvent les belles-mères) qui, sans être le parent biologique des enfants les prennent en charge au quotidien, parfois davantage que le parent biologique.
La difficulté est que, même avec des parents séparés, l’enfant a – dans l’immense majorité des cas – un autre parent qui dispose de l’autorité parentale et qui est légitime à l’exercer même s’il ne vit pas avec lui le plus souvent. L’affaire est encore plus complexe en cas de relations conflictuelles entre les deux ex-conjoints. Renforcer les droits du beau-parent n’est pas simple : soit l’acte n’est pas d’une grande importance (accompagner un enfant à l’école par exemple) et il n’est pas nécessaire de légiférer, soit l’acte est décisif (décider de son orientation scolaire par exemple), et l’on voit mal l’un des parents accepter qu’un tiers intervienne dans la plupart des cas.

Notes:
- Dans laquelle vit au moins un enfant qui n’est pas issu du couple. ↩

