
La part des actifs occupés à temps partiel semble quasiment stabilisée depuis 30 ans France. Elle atteint 17,7 %, l’équivalent de son niveau au milieu des années 1990. Ce taux avait diminué entre 2015 et 2022, mais il évolue peu depuis. L’essor du temps partiel a été l’une des grandes transformations du travail des années 1970 et 1980. Entre 1975 et 1997, le taux a été multiplié par deux, de 9 % à 18 %. Depuis, il évolue relativement peu, la hausse de la fin des années 2000 jusqu’au milieu des années 2010 ayant été suivie d’une baisse, qui s’est arrêtée en 2022. Pas moins de trois millions de postes supplémentaires de ce type ont été créés entre le début des années 1980 et 2015, mais depuis quelques années, c’est l’emploi à temps complet qui progresse. Au cours des dix dernières années, il a augmenté de 2,4 millions.

L’évolution du taux moyen de temps partiel masque des évolutions opposées selon les sexes. Chez les femmes, il culmine dès la fin des années 1990. À l’époque, près d’une sur trois est concernée. Il diminue très nettement à partir du milieu des années 2015 pour atteindre 26,5 % en 2022. Le taux de temps partiel progresse en revanche lentement chez les hommes : plus de 8,4 % sont concernés en 2024, deux fois plus qu’au début des années 1990. Malgré cela, le temps partiel reste aux trois quarts féminin.


Faute de mieux ou choisi ?
Le temps partiel regroupe des réalités très contrastées, de l’emploi occupé faute de mieux en attendant un temps complet au temps partiel choisi pour se consacrer à d’autres activités que le travail. En moyenne, un quart des salariés à temps partiel déclarent souhaiter travailler davantage et sont considérés comme étant en situation de temps partiel subi, selon l’Insee. Ce chiffre sous-estime le phénomène car une partie des personnes interrogées ont abandonné l’idée de travailler davantage (voir encadré ci-dessous). Depuis 2015, la part de temps partiel subi a nettement diminué pour revenir à un niveau inférieur à celui du début des années 1990.

En matière de temps partiel, les inégalités de genre et de milieu social se cumulent. Les trois quarts des salariés en temps partiel subi sont des femmes. Ce temps partiel subi est deux fois plus fréquent chez les ouvriers (34 % des emplois à temps partiel sont concernés) que chez les cadres (16 %), selon les données 2024 de l’Insee. Une grande partie des travailleurs pauvres sont des femmes peu qualifiées payées sur la base d’un smic à temps partiel. Même si le temps partiel se stabilise et que la proportion de temps partiel subi décline, il reste 1,2 million de salariés qui travaillent à temps incomplet et souhaiteraient avoir un temps de travail plus important, notamment parce qu’ils disposent de faibles rémunérations.
Temps partiel subi, une mesure imparfaite.
Pour mesurer le temps partiel subi, on demande aux personnes concernées si elles souhaitent travailler davantage. Une partie répond « non » - et ne sont donc pas comptabilisées comme employées en temps partiel subi - car, en pratique, elle n'ont pas d'autres choix. Un quart des salariés indiquent ne pas avoir trouvé de temps complet (données Insee 2024). Parmi les 75 % restants, 29 % ont opté pour le temps partiel « pour s’occuper des enfants ou d’un autre membre de la famille » et 12 % pour des raisons de santé ou de handicap. Parfois par choix effectivement, mais aussi du fait du manque de places d'accueil de jeunes enfants, de l'inégal partage des tâches domestiques ou du manque d'emplois adaptés pour les personnes handicapées notamment. Le taux de temps partiel subi sous-estime la part des personnes qui voudraient davantage d'heures de travail si cela leur était possible.
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